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L'avenir des peuples dépendra des peuples.
Le Peuple de l'Avenir, lui, dépendra de l'Avenir...
[Louise Abraham]

Par les Chutes ! Quand il fallait gagner une bataille,
l’Histoire ne retenait pas l’honneur.
L'Histoire retenait le vainqueur.

[Adriano Di Marechialo]

L'amer est l'écume du souvenir.
[Camiy Saint-Syr]

Ils me reprochent d’abuser de la crédulité des gens.
Pourtant, mon métier est semblable à celui du berger:
j’élève des moutons dans le but de les tondre…
[Ometeotl Jahar]

Il vaut mieux se retrouver devant des Orcs en colère plutôt que devant des nobles
et des politiciens.
Quand un Orc veut te tuer, il le fait savoir clairement
et, généralement, sous tes yeux.
[Barry Toothpick]

Miséricordieux, j’avalerai vos supplications, délices de ma victoire !
[Rubis Solime De Babaux]


Le proverbe "Il faut battre le fer tant qu'il est encore chaud" marche aussi avec les elfes...
[Walgrim Grindal]

Litanie de larmes, symphonie en pleurs majeurs.
Rater une mesure, repartir à zéro. Mélodie funeste.
Danse macabre, l’effleurer et puis s’en retourner pleurer.
Seul.
[Sheren]

Il suffit d’un seul regard
entre deux coups de hache et quelques têtes coupées
pour que leurs destins soient scellés à jamais.
[Kalea Grindal]

Ma soif de vengeance s’est tue dans un murmure :

Le silence…
[Cronose]

Le pire n'est pas de mourir, mais d'être oublié.

[Erwan D. Layde]

Il n'existe ni de mauvais, ni de bon,
Seulement des divergences d'opinion.
[Isarus]

La maîtrise d'une épée doit être apprise, exercée et maitrisée. Le jeune apprenti du forgeron ne commence pas
par forger une belle épée
pour le prince. L'apprentie tapissière ne tisse pas le tapis préféré de la reine
avec ses premiers fuseaux.
Ainsi, le rhéteur fait ses premiers discours à son miroir et le soldat se bat d'abord
contre un mannequin, et non contre son ennemi mortel.

[Maël Theirmall]

L'Harmonie passe aussi par la Diversité,
tel le ciel embrasé d'une soirée d'été.
[Laranith]

Un par un, il traîna les corps jusqu’à la falaise et les jeta à la mer afin de leur offrir une sépulture rapide...

Et afin de libérer la clairière de ces putrides émanations. La nature n’avait pas à contempler la folie des hommes.
Elle n’avait pas à supporter la barbarie des êtres qu’elle avait un jour engendré...
[Trucid]

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 Synëal Roguar

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AuteurMessage
Synëal Roguar

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Messages : 5
Date d'inscription : 25/05/2012
Localisation : Pas-de-Calais...Du moins pas encore.

MessageSujet: Synëal Roguar   Dim 10 Juin - 12:02

Nom et/ou Prénom et/ou Surnom :

α Synëal Roguar

Age :

α 27 ans

Sexe :

α Masculin

Ethnie :

α Lycan solitaire ( pour l'instant )

Métier ou Statut :

α Libraire

Description caractérielle :

α Instable
α Orgueilleux
α Espiègle
α Cynique
α Insouçiant
α Arrogant
α Méprisant

Sa condition rend son caractère plus difficile. Il n'accepte toujours pas d'être un monstre qui se transforme tous les mois. Il ne considère pas faire partie des lycans qui se massent tous en Eméodia. En réalité, il ne fait pas que mépriser les loups de son espèce, mais aussi les individus en qui il ne fait pas confiance, c'est-à-dire presque tout le monde. Il a la mauvaise habitude de provoquer les gens, comme pour se prouver à lui-même que chacun souhaite sa mort. Il est incroyablement impétueux, mais il ne tire pas seulement ça de sa force mentale. (cf, particularités magiques)


Description physique :

α Grand.
α Cheveux châtain blond, d'un ton plus ambré sous la pénombre.
α Regard dur, yeux bleus très pâles, tirant au gris.
α Joues taillées à la serpe, très minces.


Équipements et vêtements :

α Chemise blanche en soie, aux boutons argentés.
α Veste noire en coton. Long manteau en cuir.
α Pantalon noir en toile.


Particularités magiques :

α Aucune, vraiment aucune. Il est encore un jeune lycan qui doit attendre la pleine lune pour se transformer, contrairement à ses aînés. Curieusement, en pleine journée, ou dans n'importe quelle journée durant laquelle il ne se transforme pas, il dispose d'une force surhumaine. Il est capable d'assomer un humain en un coup de poing mais ne pourra pas porter un bovin à bout de bras. C'est pourtant cet atout physique qui le rend si imbu de lui-même.

Comment avez-vous connu Céleste Fantaisie :

α Haha! ♥

Histoire :


« J'adorais quand mes parents me racontaient des histoires. Surtout celles avec des princes ou des seigneurs. Je m'imaginais moi-même en devenir un plus tard. C'était chose normale avec ma naïveté de l'époque. Je ne savais pas encore ce que ses personnes représentaient et quels pouvoirs elles avaient. Je savais juste qu'elles vivaient dans le luxe, déambulaient dans de grands jardins verdoyants, et menaient de fabuleuses idylles amoureuses. Certains princes partaient même en chasse de monstres hideux et revenaient avec leurs têtes comme trophée. De quoi faire rêver un marmot de huit ans qui aspirait à devenir comme l'un d'eux. Quand j'y pense encore...je me dis que j'étais à la fois ridicule, et en même temps très réfléchi. Au fil des années, les adultes perdent leurs rêves, sont convaincus qu'ils ne peuvent plus lutter contre la réalité. Au fond, n'est-ce pas cela être idiot et ridicule? Baisser les bras ainsi sans n'avoir rien tenté de concret? Une bonne question. Car, encore maintenant, du haut de ma pitoyable et désabusée trentaine, je me surprends à penser avec regret que je fais malheureusement partie de ces gens-là.

Mais laissez-moi d'abord vous narrer ce qui m'a fait tant perdre espoir – avant que je ne perde la raison une fois de plus.

C'était une nuit comme les autres, alors que j'étais étendu dans un lit recouvert de couvertures misérables et poussiéreuses, à la lumière tressaillante d'une chandelle posée sur mon chevet. Mon père me contait une fois de plus des histoires féériques, avec des fées et des lutins qui se chamaillaient pour des bouts de tissu magiques. Je riais beaucoup. J'étais encore un enfant insouciant et innocent. L'ombre de mon père dansait sur le mur de notre chaumière, et me faisait penser à celle d'un valeureux chevalier, et l'ombre de ma tête de lit, celle d'une abomination de la nature. Mais ça, je ne lui disais jamais. Il n'était qu'un paysan affable, et presque aussi innocent que moi. Il aimait profondément ma mère, et ne vivait que pour faire vivre nos cultures, rien d'autre. Il ne disait rien de mal sur ses voisins, restait humble en quelconque occasion, il respectait même le seigneur du fief même s'il haussait les impôts tous les ans. Et je l'admirais pour toutes ces qualités. A cet âge, la pureté de notre âme nous faisait voir à quel point ceux que nous aimons pouvaient avoir une âme plus royale que le roi lui-même.

Quand il eût fini son récit, je me sentais une fois de plus déçu. Je pouvais passer toute ma nuit à l'écouter. Mais il était fatigué après sa dure journée de labeur. C'était déjà courageux de sa part de rester à veiller aussi tard avec moi alors que je ne trouvais pas le sommeil. Avant de me laisser m'endormir, il me déposa un baiser sur le front, et je perçus alors une étrange lueur dans son regard. Je ne savais pas vraiment ce que c'était : de la tendresse, de la fièreté,...du chagrin, de la tristesse? Je ne savais pas non plus si j'allais découvrir un jour ce que ça signifiait...

Il éteignit la chandelle, et quitta la chambre. Je me retrouvai seul dans le noir, et je remontai le couvertures sur moi. J'avais peur du noir en réalité, comme presque tous les enfants. Cependant, c'était une angoisse justifiée. Toutes les nuits, j'entendais un bruit dans la grange de mes parents. Cétait un claquement et ensuite, une sorte de râle. Comme si quelqu'un toussait. J'étais seulement trop peureux pour quitter la maison en pleine nuit. J'espèrai que mon père l'entende pour qu'il se lève et aille affronter ce mal obscur qui hantait mes nuits. Mais sur ce point-là, il était moins courageux. Il continuait de ronfler intensément, plongé dans des rêves où il n'y avait pas de bruit dans la grange. Au bout d'une dizaine de minutes consacrées à rassembler mon courage, je finis par repousser les draps et à jeter mes pieds au sol. Je quittais ma chambre, mes talons osseux battant le parquet de bois jusqu'à la sortie de la maison. Quelque chose sembla se retourner dans la grange. Je restais immobile, pétrifié en fait, sur le seuil. Ca remuait, et ça remuait beaucoup. Je n'osais pas faire un pas de plus. N'importe quelle...chose aurait pu surgir et m'emporter dans le noir sans que je ne puisse rien faire d'autre. L'épouvantail solitaire du champ de pommes de terre avait une allure sinistre, et il semblait ricaner de son sourire creusé dans son visage de jute. Il y eut alors un grognement étouffé, une sorte de geignement désappointé, puis un bruit de verre qui se casse sur le sol. Cela me fit instinctivement bouger le pied...en avant. Mes yeux se tournèrent lentement et prudemment vers la gauche, et suivirent le bâti de la maison jusqu'à la fourche posée non loin de là. Deux mètres à peine. Mais deux mètres qui m'en parurent dix. Je ne savais pas pourquoi mais elle était là. D'ordinaire, mon père rangeait tous ses outils avant le crépuscule. Mais fort heureusement, on dirait qu'il avait omis cette fourche. Cette fourche qui avait des airs d'amie qui ne demandait qu'à ce que je l'empoigne et aille faire la fête à l'étranger. Ma main se tendit, et je sentais le bois frais contre ma paume de main. Je ne m'étais même pas rendu compte que je bougeais, mon regard fixé sur l'entrée sombre de la grange. Les bruits avaient cessé, mais je croyais bien que j'aurai préféré qu'ils continuent. C'était plus rassurant que de ne plus rien entendre du tout.

Je m'approchais d'un pas silencieux, de plus en plus hésitant au fur et à mesure que je progressais. Je voulais partir et retourner dans mon lit, réfugier mes pieds gelés sous les couvertures, mais j'étais aussi convaincu de ne pas réussir à me rendormir. Il fallait que j'en ai le coeur net. Plus j'avançais, et plus l'image de mon lit était persistante comme des flashs de lumière dans ma tête. La fourche était tendue devant moi, tremblotante. Elle cliquetait et je redoutais que l'étranger ne l'entende et se rue sur moi. Il fallait vraiment que je sorte cette image de la tête...

Je posai un pas dans l'ombre de la porte ouverte de la grange. Un lourd silence planait dans les lieux, et j'entendais les battements de mon cœur sourdre dans mes oreilles comme le gong d'une horloge. Une ombre se détachait alors de l'obscurité et avançait vers moi. Je retins mon souffle. Un bruit liquide retentit non loin, imperceptiblement, et malgré le sang qui vibrait dans mes oreilles, j'avais réussi à l'entendre. Quelque chose grogna, bondit de la pénombre, ouvrit un orifice entouré de crocs énormes et le noir se fit.

*...*

Je me réveillais un peu plus tard, en sueur, avec une affreuse nausée qui engourdissait ma tête et mes sens. Je voyais le ciel percé d'étoiles au-dessus de moi. La lune avait descendu lentement vers l'horizon, plus pâle que jamais, à la limite de se cacher derrière.

Je tentais de me relever. La terre meuble meurtrissait mon dos depuis que j'étais tombé...Quand étais-je tombé d'ailleurs? Je me rappelais seulement de cette créature se jetant sur moi prête à m'engloutir...Là, pris d'un sursaut d'effroi, je me tournai sur le ventre, et me mit à détaler vers la maison. La porte était grande ouverte. Ou plutôt repoussée sur le mur. Tellement fort que les planches avaient craqué sous le choc. Avant que je n'y parvienne, mes jambes me lâchèrent et je vomis brusquement. Mon ventre s'était contracté et je me retrouvai tordu en deux, déversant mon repas d'hier soir sur le chemin qui menait au parvis. Mais mon rendu n'avait pas la couleur dégueulasse que j'avais attendu...Elle avait une teinte cramoisie...comme si j'avais reçu un choc dans le ventre qui avait déséquilibré mes organes...Je restais un moment recourbé sur moi-même, une main sur un genou pour ne pas tomber en avant, me tâtant le corps de l'autre pour vérifier si je n'avais aucune blessure. Puis je me retrouvai enfin à marcher vers ma maison, ne me rendant même pas compte que mes pas m'approchaient de plus en plus d'une inéluctable vérité. J'étais encore pieds nus, avec des brindilles enfoncées dans la plante des pieds. Le parquet de la maison était froid à cause du courant d'air qui s'engouffrait dans l'entrée démolie. J'avançais toujours comme si j'étais dans une sorte de transe, mes doigts contre le mur, le frôlant comme dans un rêve. Le sang emplissait l'atmosphère comme un nuage purulent. J'eus très peur de ce que je pourrais trouver dans mon propre logis, l'angoisse n'avait cessé de croître depuis que j'avais repris connaissance sur le pas de la grange. Le couloir qui menait à l'escalier semblait se refermer lentement sur moi dans les ténèbres. J'entendais le bois grincer dans le silence morbide qui m'entourai. Je sentais l'air poser des mains invisibles sur mes épaules pour me guider vers...l'étage. Mes pieds appréhendaient les marches sans que j'y fasse réellement attention. La fenêtre du palier me renvoyait un reflet de moi très fatigué et émacié.

Le reste se passa entièrement comme si j'avais quitté mon corps. Le tout n'était plus guidé que par ma chair. Mon esprit se situait à des lieues de là. Ma main se tendit vers la porte de chambre de mes parents mais à peine mes doigts eurent touché la poignée qu'elle pivota lentement, dévoilant un spectacle horrifiant. J'aurais pu poser mes mains sur mes yeux pour m'empêcher de regarder, j'aurai pu me retourner ou m'enfuir. Mais je n'ai pas réussi. Je n'avais pas réussi à temps. Les murs, les draps froissés fait d'un coton et d'une housse que ma mère avait recousu elle-même, les rideaux, ...tout était en sang. Leurs corps étaient...lacérés, déchiquetés, mis en pièces avec une atrocité innommable. Ils n'avaient sans doute rien vu venir, ils étaient encore allongés sur le lit. Leurs bras étaient désarticulés, ils avaient été secoués comme des marionnettes et relâchés après qu'on leur ait arraché les entrailles. Le choc, le véritable choc, vint de suite après que je me rendis compte que ce n'était pas un mauvais rêve. Mes pieds sentaient la boue et mes vêtements étaient encore frais comme l'air du dehors. Je me pinçais même la peau de l'avant-bras, et cela provoqua le tiraillement que je n’espérais pas. Puis je m’effondrais enfin, à genoux, ne me souciant pas du bleu que je pourrais avoir sur les rotules en me cognant si fort contre le sol. Les sanglots masquèrent tout le reste. Mes larmes arrivèrent comme un raz-de-marée sur mon visage et m'arrachèrent un gémissement de désespoir. J'articulai difficilement « Papa », « Maman », entre deux hoquets de chagrin. L'horreur m'engouffra dans ses limbes obscures, derrière la cascade salée de mes larmes. Je prononçais à nouveau leurs noms mais en criant cette fois, comme si cela suffirait à les faire relever, à les ressusciter. A cet instant, je me mis à prier pour qu'une entité divine entende mes pleurs et daigne s'intéresser à moi pour faire revivre mes parents...J'eus envie de sauter sur le lit et de les secouer pour qu'ils se réveillent.
Bon sang, ils ne pouvaient pas être morts! Papa me racontait une histoire juste avant que je ne dorme...Ça ne pouvait pas être réel. S'il-vous-plaît, faîtes que je me réveille, faîtes qu'ils se relèvent, qu'il n'y ait pas de sang du tout. Allez, je ferme les yeux, et quand je les rouvre, je serai dans mon lit et ma mère sera en train de préparer le petit-déjeuner.
Malgré cette tentative vaine de me rassurer moi-même, je continuais de pleurer toutes les larmes de mon corps. Tout mon univers s'écroulait comme de la terre friable. Je pouvais presque sentir, entendre, les craquements de la brisure de ma vie. Quelqu'un a jeté un caillou dans la fenêtre et elle tombait en morceaux lentement. Tel était mon état, car j'étais la fenêtre en question.

Au bout d'un moment, je sentais mes yeux se fermer tout seul. Je voulais pleurer encore et encore, mais plus je le faisais et plus cela m'épuisait. Je ne voulais que pleurer à en mourir. Je ne voulais que pleurer toute ma vie. Et lentement, les limbes profondes du sommeil m'accueillirent dans leur brume. Ce fut d'ailleurs bien les seules entités promptes à m'écouter en cette heure de désespoir.

Je restai chez moi deux heures, deux jours puis un mois. Sans presque rien manger, allant exclusivement m'hydrater au puits. Qui l'eut crû? Je réussis à tenir autant de temps sans m'évanouir. Je n'étais pas encore assez dérangé pour parler à moi-même, mais il m'arrivait d'avoir des hallucinations. Je voyais des animaux déguerpir juste en me voyant. Chose qu'ils ne faisaient pas ordinairement, car ils savaient que notre famille ne leur faisait jamais de mal. On leur donnait souvent à manger lorsqu'ils approchaient. Je m'étais finalement persuadé qu'en excluant l'hypothèse qu'ils ne peuvent avoir peur de moi, ils n'existaient pas. Ce qui finissait par impliquer que je prenais toutes les apparitions d'animaux pour des hallucinations, aussi réelles fussent-elles. Les jours avançaient lentement et péniblement, m'éloignant toujours plus du jour du décès horrible de mes parents. Il était inutile que je pense à ce qu'il advenait d'eux, en ce moment-même, dans leur chambre hermétiquement close par mes soins. Je ne préférais pas y penser. Cela me rendait tout simplement fou, et à la simple image du visage ébahi et exsangue de mon père, lui qui me contait de sa voix douce des histoires de princes, me faisait choir et fondre en larmes. Non seulement, je vivais dans une douleur profonde, mais je percevais des changements en moi. Je raisonnais de temps à autre comme un être qui n'obéissait qu'à ses pulsions. Encore plus étrange, j'avais soudainement l'eau qui montait à la bouche lorsque j'observais une biche ou un lapin passer dans la forêt avoisinante. Ces derniers temps, j'étais souvent pris de nervosité, je m'asseyais quelque part et mes pensées divaguaient vers des envies de violence. J'avais envie de me défouler. Tout m'énervait. Toutes les odeurs de la forêt et de la maison en décrépitude m'irritaient. Je croyais même entendre les voix des bûcherons non loin de là, je sentais même leur transpiration...C'était un peu comme si après le choc émotionnel, j'étais tout à coup plus sensible, plus nerveux, ou même plus réceptif. Était-ce cela que les adultes appelaient la raison? La faculté de pouvoir percevoir toutes ces choses en même temps?

Il était temps pour moi d'affronter une autre vérité, et je n'allais pas tarder à le découvrir cette nuit-là.

J'avais érigé une tente sous un arbre. Un emplacement judicieux car le feuillage épais protégeait de la pluie quand elle tombait. Et comme toutes les nuits j'y retournais. Je ne supportais pas de dormir dans la maison à cause de ce qui s'était passé. Pour moi, ce n'était plus un foyer, c'était juste un tas de bois et de chaume que je brûlerai un de ces jours. Alors que j'allais me coucher dans un futile tas de pailles entassé au fond de la tente, j'étais victime de courbatures, comme si j'avais couru toute la journée. Mes cuisses m'élançaient, et le simple fait que mon dos touche le sol me faisait grimacer. Tant bien que mal, je trouvai une position latérale sur laquelle je pourrais m'endormir confortablement, et je fermai les yeux. J'attendis, j'attendis. Une douce brise frôlait le tissu miteux de la tente. Un loup glapissait à un ou deux kilomètres de la ferme. Une chouette hululait en appelant ses congénères pour se réunir pour un conseil hautement important sur la migration des mulots vers les autres fiefs. J'attendis encore. Une branche morte tomba sur la toile, me faisant sursauter. Je rassemblais un peu de toile sur moi, comme si elle pouvait me sauver d'une quelconque attaque.

Et là, soudainement, je fus pris d'un violent élancement dans le ventre qui m'arracha un cri de douleur plein de surprise et d'angoisse. Je criai à nouveau alors que la morsure d'une nouvelle douleur s'attaquait à mon torse. Mes pieds se mirent à se tordre tous seuls, comme une affreuse crampe qui se transformerai en foulure. J'hurlais à pleins poumons, les larmes aux yeux, me questionnant sur l'origine de tout ceci. Est-ce que tout à coup, je mourrais? Je me recroquevillai en position fœtale, exhalant ma détresse avec pénibilité, la respiration entrecoupée par les craquements incessants de mon corps. Je ne savais pas du tout ce qu'il se passe. Mais cependant, je revis en mémoire, au fond de mon esprit déchiré, la gueule pleine de crocs bondissant sur moi. Plusieurs hypothèses invraisemblables se disputaient. Soit j'étais mort à ce moment-là, et je vivais en enfer. Soit...Cette bête m'avait épargné et avait tué mes parents. Quel genre de bête aurait-ce pu être alors? Ma colonne vertébrale saillit alors de mon dos et je poussais un grand beuglement, me cambrant littéralement en arrière. Je croyais être en train de m'évanouir, mais mes mains me ramenèrent à la réalité en s'allongeant plus que la normale. Sans le vouloir, j'hurlais les noms de mes parents. Je serrai les dents pour ne plus avoir à brailler ainsi, mes amygdales ne pouvant tenir le coup éternellement. Je portais mes doigts devant mes yeux. Un duvet dru commençait à recouvrer progressivement ma peau et mes ongles s’allongeaient en prenant une teinte brune. Je devenais un...Une nouvelle manifestation de mon calvaire me fit pousser un dernier cri tonitruant. Plus rien ne m'obéissait, tout se tordait, tout se craquait et se remettait en place à la guise du monstre que je devenais. Ma voix se mua en un grognement étouffé, un glapissement souffreteux, et je ne sus bientôt plus que j'étais un humain...

*...*

Ce qui était miraculeux avec les êtres vivants, c'est bien leur faculté d'adaptation en toutes circonstances. J'en étais la preuve. J'étais un loup et après des années passées à chercher une nouvelle identité, je m'étais finalement habitué à être un monstre qui égorgeait des innocents une fois par mois. Ce n'était que douze nuits parmi une centaine d'autres. De plus, je ne laissais pas d'indices sur mon existence et je survivais. C'était l'important. Bien sûr, après ma première métamorphose, plus rien n'était pareil, et j'avais envie de m'arracher la chair tous les jours, mais comme pour tout, on finit par accepter, que cela nous fasse souffrir ou pas. Au prénom de Synëal donné par mes parents, j'ajoutai le nom de Roguar. Un nom à la consonance bestiale purement réfléchi. Et à ma quête d'identité, vint substituer celle de la recherche du meurtrier de mes parents. Je passai près de dix ans à le traquer, en réunissant des indices grâce à des rumeurs, grâce à d'autres loups pour qui je devais rendre quelques services pour obtenir mes informations.

Finalement, je trouvai sa trace dans l'empire d'Eméodia. Je n'en étais pas très loin et j'y fus en une après-midi de marche. Évidemment, je ne connaissais rien ni personne, et je devais me guider avec le peu de repères qu'on me donnait de bon gré. Je finis par me trouver là où toutes les âmes impies de ce monde se réunissent. Elles l'appellent l'Endiablée. Là-bas, je devais trouver des réponses. Et qui plus est, une situation. Heureusement à mon arrivée, un poste en ville de libraire était vacant et je m'y proposai immédiatement. Ça ne devait pas être plus compliqué de gérer le stock des livres que de compter un stock de céréales. Tout en continuant de faire mes recherches, je pus aussi m'instruire par moi-même. J'avais déjà des notions de lecture, malgré quelques lacunes dues à mon enfance dans la ferme, et je pus me perfectionner ainsi pour réussir à lire des livres entiers, en les dévorant avec un appétit certain.

Plus longtemps après, je commençais à me sentir nauséeux. Et cela s'empirait chaque jour. Cela s'accompagnait de migraines. Et malgré tous mes livres à disposition, il n'y avait rien qui puisse m'indiquer ce que j'avais. Il me semblait pourtant que les loups-garous ne tombaient jamais malades...J'eus ma réponse au cours de la journée, alors que je me trouvais dans ma boutique en attendant qu'un client incube – ou peu importe – daigne se montrer. Mais celui qui passa la porte à cet instant bouleversa le cours de ma vie, aussi chaotique fusse-t-elle.

En levant mes yeux du Traité sur les Barbaries des Harpies, je rencontrai ceux du client. Profonds, mais ternes en même temps. Un visage marqué par la fatigue et qui trahissait cependant une certaine robustesse. Son corps lui-même était bâti comme celui d'un guerrier. Ses cheveux poivre et sel, rabattus en une queue de cheval derrière sa tête témoignaient de la longue moitié de siècle qu'il avait déjà parcourue. Ce qu'il me dit me surprit. Il m'appela Fils. Rapidement, j'essayais d'imaginer le visage de mon père ayant pris une dizaine d'années mais cela ne collait pas. Il s'avança vers moi et m'annonça qu'il était mon père, le vrai. Celui qui m'avait toujours aimé malgré mon absence, qu'il regrettait ce qu'il avait fait dans le passé, mais que désormais, il était là et s'occuperait de moi. J'eus beaucoup de mal à assimiler toutes ces nouvelles informations, et au moment où j'allais lui demander de s'expliquer, il anticipa et me révéla qu'il m'avait rejeté de la meute car j'étais encore tout faible, et souvent malade. J'étais devenu un handicap. Je dus lui demander ce qu'il entendait par meute. Et il m'annonça avec gravité que depuis la naissance, j'étais un loup. Et que le jour où il m'a rencontré, c'était le jour de ma transformation. J'en fus interloqué. Il m'avait donc déjà...
Une gueule remplie de crocs...
Mon sang ne fit qu'un tour. Je me ruai de mon bureau jusqu'à lui, l'empoignant par sa veste et le plaquant contre le mur le plus proche, lui hurlant au visage qu'il avait tué mes parents, mes vrais parents! Qu'il était un menteur, que c'était lui le meurtrier, qu'il revenait seulement par culpabilité, et qu'il essayait d'expier ses fautes! Et encore pire, que c'était lui qui m'avait transformé! Il me supplia de me calmer, qu'il pouvait tout m'expliquer si je le voulais. Sauf que mon sang de fauve bouillonnait déjà trop. Peu importe qui était cet homme et que ce qu'il raconte était vrai. La vérité est que j' avais perdu sa famille. Je saisis la barre de fer qui me servait à bloquer la porte la nuit, la leva au-dessus de moi et la lui enfonça profondément dans l’œil. La mine de cet étranger se figea. Le sang dégoulina de son orbite et il s'effondra.

Dans ma boutique, là où j'adorais passer du temps pour lire, j'avais tué une personne très importante.

Seulement, les choses ne pouvaient se passer comme on l'espérait. Le destin, la vie, la mort étaient cruels. La vérité est parfois mensonges et les mensonges cachent une vérité inéluctable. Un jour, je reçus une lettre. Écrite comme avec la patte d'un animal furieux.

« Tu as tué ton père, notre père. Il n'aurait jamais osé te faire du mal. Quand il t'a vu ce soir-là, il s'est enfui car il avait honte de lui. Honte d'avoir laissé un loup si parfait quitter la meute. Mais nous te traquerons, nous te ferons payer cette engeance. La famille est sacrée et en plus, la nôtre est grande. Tu ne pourras t'échapper. »

La lettre ne m'effraya pas. Mais plutôt la réalité qui se cachait derrière. Si mon père, le loup, n'avait pas touché à mes parents...Alors qui était-ce...?


Test-Rp


Une journée de plus, une journée de moins. A nouveau, je revivais mon enfance. Je ne savais plus si je vivais, bien que je sois encore capable de me nourrir. Et durant les nuits de pleine lune, je ne ressentais plus l'angoisse de la douleur. Tout s'enchaînait sans que je ne m'y implique vraiment. Je recevais des commandes de clients suspects, sur des grimoires tout aussi suspects, mais je ne me souçiais pas de savoir ce qu'ils comptaient en faire. Tout ceci n'avait plus réellement d'importance. Je pouvais vivre maintenant, ou mourir dans quelques heures, qu'importe. Des personnes en voulaient à ma vie et je les comprenais. J'en voulais moi-même à la mienne. J'en étais venu à la conclusion que depuis ma naissance, je n'étais qu'une malédiction, un parasite en ce monde, que je n'avais vraiment aucun mérite à fouler ce sol. D'autant plus que je ne pourrai jamais être le prince que je rêvais d'être, que je ne rencontrai aucune princesse. Je ne suis qu'un loup meurtrier et patricide. Un jour, quelqu'un finira par me chasser et détruire mon coeur. A quoi bon me montrer désormais digne de vertus pour atteindre mon rêve désormais? Je suis un monstre et on me considérera comme tel jusqu'à ma mort. On me tuera pour ça. Et ce serait un mal pour un bien.

Dans les rues d'Eméodia, malgré tous les monstres qui m'entouraient, je me sentais bien étranger. Ils avaient sans doute déjà fait pire que moi, mais ils savaient comment l'assumer eux. Ils étaient plus forts que moi. Dans les rues d'Eméodia, j'étais une proie lâchée au milieu de prédateurs, qui avaient déjà tué leurs prédateurs. La seule chose qui me ramenait à la réalité était le simple bruit de mes souliers sur les pavés, et le froissement de mon manteau dans mon dos. Ainsi que l'odeur d'un mendiant qui faisait l'aumône en me suivant. Je finis par me retourner et à lui planter mon regard acéré et agacé dans le sien. Cela devint aussitôt dissuassif pour lui, et il se remet à quêter auprès d'un autre inconnu encapuchonné. Je retrouvai enfin l'enseigne de ma librairie et y entrai. Quelqu'un m'y attendait déjà, et un sourire éclaira son visage en m'aperçevant. Le mien devait être encore renfrogné. Il se tenait près de l'endroit où j'avais tué mon père. C'était de plus, l'un de ces fameux clients dont je ne m'étais pas interrogé sur leur origine.

Je m'approchai du comptoir, jetai mon manteau sur le porte-manteaux, et me tournai vers l'inconnu, lui demandant ce qu'il souhaitait. Il affichait un sourire franchement affable, celui qu'on accorde à un ami lorsqu'on sait qu'on peut lui faire confiance.

«Bonjour messire. Je me demande si par un quelconque hasard, vous ne posséderiez pas l'Essai sur les loups-garous, de Brydiwolf? »

J'haussais un sourcil perplexe, et me tournai vers mon registre, commençant aussi à retirer ma veste. Quelconque hasard, il ne croyait pas si bien dire. En relevant la tête, son sourire était carnassier, et dévoilait deux paires de crocs...


Dernière édition par Synëal Roguar le Dim 10 Juin - 18:59, édité 4 fois
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Exephoss Astreiji

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MessageSujet: Re: Synëal Roguar   Dim 10 Juin - 16:37

Fiou! J'ai lu tout ça d'un trait à une vitesse...

...et j'ai adoré!
L'utilisation de la première personne m'a donné l'impression de vivre ton personnage. Ton écriture est également soignée et tes mots sans fioritures amènent beaucoup de fluidité.
Attention par endroit, certaines tournures sont maladroites ce qui m'a déstabilisé parfois!

En tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à te lire, à te vivre. Tu auras mis le temps, mais c'est une réussite (du moins pour ma par
t)! Wink

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Ometeotl Jahar

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MessageSujet: Re: Synëal Roguar   Dim 10 Juin - 17:10

Toujours en vert et orange...
Superbe fiche, à côté, la mienne me fait honte...
Bref, je te souhaite bon RP sur Céleste!

tu as eu le temps d'écrire tout ça...et pas de répondre au RP? mhhh

(c'est pour rire, bien sûr, rep quand tu veux)

_________________
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Isarus

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MessageSujet: Re: Synëal Roguar   Dim 10 Juin - 19:33

Les deux affreux plus haut résume bien je dois dire. J'ai passé un bon moment de lecture, long, et ça me va parfaitement. Bien que j'ai trouvé que la fin se déroulait trop vite, mais la limitation handicapant, tout s'explique. Un personnage avec un caractère intéressant dont tu ne risques pas de te lasser. Puis un libraire c'est quand même plus qu'original. J'aime beaucoup le détail avec le "Traité sur les Barbaries des Harpies". Mais tout ça tu le sais mon ami !

Je ne ferais pas durer le suspens plus longtemps. Étant donné que tu as déjà corrigé ce que je t'avais dis, tu es donc :






_________________
Il n'existe ni de mauvais, ni de bon,
Seulement des divergences d'opinion.
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