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L'avenir des peuples dépendra des peuples.
Le Peuple de l'Avenir, lui, dépendra de l'Avenir...
[Louise Abraham]

Par les Chutes ! Quand il fallait gagner une bataille,
l’Histoire ne retenait pas l’honneur.
L'Histoire retenait le vainqueur.

[Adriano Di Marechialo]

L'amer est l'écume du souvenir.
[Camiy Saint-Syr]

Ils me reprochent d’abuser de la crédulité des gens.
Pourtant, mon métier est semblable à celui du berger:
j’élève des moutons dans le but de les tondre…
[Ometeotl Jahar]

Il vaut mieux se retrouver devant des Orcs en colère plutôt que devant des nobles
et des politiciens.
Quand un Orc veut te tuer, il le fait savoir clairement
et, généralement, sous tes yeux.
[Barry Toothpick]

Miséricordieux, j’avalerai vos supplications, délices de ma victoire !
[Rubis Solime De Babaux]


Le proverbe "Il faut battre le fer tant qu'il est encore chaud" marche aussi avec les elfes...
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Rater une mesure, repartir à zéro. Mélodie funeste.
Danse macabre, l’effleurer et puis s’en retourner pleurer.
Seul.
[Sheren]

Il suffit d’un seul regard
entre deux coups de hache et quelques têtes coupées
pour que leurs destins soient scellés à jamais.
[Kalea Grindal]

Ma soif de vengeance s’est tue dans un murmure :

Le silence…
[Cronose]

Le pire n'est pas de mourir, mais d'être oublié.

[Erwan D. Layde]

Il n'existe ni de mauvais, ni de bon,
Seulement des divergences d'opinion.
[Isarus]

La maîtrise d'une épée doit être apprise, exercée et maitrisée. Le jeune apprenti du forgeron ne commence pas
par forger une belle épée
pour le prince. L'apprentie tapissière ne tisse pas le tapis préféré de la reine
avec ses premiers fuseaux.
Ainsi, le rhéteur fait ses premiers discours à son miroir et le soldat se bat d'abord
contre un mannequin, et non contre son ennemi mortel.

[Maël Theirmall]

L'Harmonie passe aussi par la Diversité,
tel le ciel embrasé d'une soirée d'été.
[Laranith]

Un par un, il traîna les corps jusqu’à la falaise et les jeta à la mer afin de leur offrir une sépulture rapide...

Et afin de libérer la clairière de ces putrides émanations. La nature n’avait pas à contempler la folie des hommes.
Elle n’avait pas à supporter la barbarie des êtres qu’elle avait un jour engendré...
[Trucid]

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 Rencontre au sommet

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Tridd

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Messages : 18
Date d'inscription : 29/03/2012

MessageSujet: Rencontre au sommet   Mar 4 Sep - 18:59

      « Terre accostable en vue ! »


    Et bah, c'était pas trop tôt. On ne peut pas dire que les côtes aux alentours de Caprice étaient très hospitalières mais à ce point-là, ça frôlait le ridicule. Des falaises presque partout, ou alors des plages trop petites pour ramener autant de bateaux sur le sable. À ce moment-là, Tridd comprenait pourquoi personne n'essayait de reprendre ces terres et pourquoi elles avaient été abandonnées aux orcs. Il n'était juste pas possible d'espérer faire quelque chose de tout cela. Tridd regrettait presque son île sauvage, même si elle était totalement désolée, comme son nom l'indiquait. Au moins, elle était accueillante les visiteurs, même si ceux qui habitaient déjà sur l'île l'étaient beaucoup moins.

    Tridd releva la tête de ses cartes qu'il complétait au fur et à mesure qu'ils naviguaient. C'était le moment rêvé pour étoffer ses connaissances en cartographie du coin. Lui et ses hommes n'avaient pas beaucoup l'occasion de passer par ici car il n'y avait peu d'intérêt à le faire. Contrairement à beaucoup d'autres voire même la totalité des autres clans orcs, celui de Tridd ne pillait pas les leurs congénères. C'est pour cela qu'ils allaient chercher leurs cibles aussi loin, dans les royaumes humains la plupart du temps. C'est en cela que Tridd se sentait différent des autres, il considérait qu'il avait une certaine éthique et une conscience plus élevée d'appartenir à une ethnie. En un sens, les guerres que menaient entre eux les orcs sur le continent ne l'atteignaient guère lorsqu'il était sur son île, mais il savait quand même qu'elles existaient et cela le gênait beaucoup.

    C'était là le but de sa visite aussi proche des côtes. En temps normal, il s'en approchait pas, mais là, il avait entendu parler de quelque chose qui pourrait l'intéresser, ou plutôt, de quelqu'un. Ses informateurs disséminés aux quatre coins du monde lui rapportaient beaucoup de rumeurs et d'informations et il se déplaçait en personne pour vérifier l'une d'entre elle. Si celle-ci était vraie, cela pourrait changer le cours de son histoire et peut-être même celle de la race orque en entier.

    Il y avait apparemment, dans la région au sud de Caprice, une prophétesse, comme elle se faisait appeler. Elle dirigeait un clan dans lequel les femmes étaient les égales des hommes, tant sur le plan social que durant les batailles. Mais le plus important, c'était les idées qu'elle avançait et qu'elle tentait de diffuser. L'unité. Elle voulait unifier tous les clans orcs, sous une même bannière. Cela était conforme à ce que pensait et voulait aussi Tridd, mais il y avait un autre point qui le dérangeait. Les rapports disaient que c'était une sorcière. Ou plutôt, une magicienne.

    Tridd avait beau avoir assez évolué pour avoir développé des stratégies et des plans pour optimiser ses pillages et ses voyages loin de chez lui, il restait assez méfiant sur le plan de la magie et de toutes ces choses. Il était resté assez traditionaliste, pour lui, les batailles se gagnaient à la force de l'épée ou de la hache, pas avec les mots et les choses de l'esprit. Il respectait bien sûr les mages, mais ils ne les cautionnaient pas, et n'en utilisaient pas dans ses troupes. Il était conscient de perdre beaucoup de possibilités, aussi bien dans la vie quotidienne que pour la conquête mais c'était plus fort que lui, il avait grandi loin de tout ça, et il n'acceptait pas encore qu'il puisse en avoir sous ses ordres. Et pourtant, voilà qu'une de ces personnes déclaraient avoir les mêmes objectifs que lui. Cela suffisait pour qu'il prenne les devants et aille à sa rencontre. Ils étaient bien trop nombreux dans ce cas pour qu'il puisse se passer l'un de l'autre. Une alliance serait profitable aux deux partis et Tridd avait trouvé bête de ne pas tenter sa chance.

    Il s'était donc retrouvé à organiser ce voyage vers le continent. Accompagné de ses cinq meilleurs guerriers pour le protéger, il avait délaissé son camp pour quelques jours pour demander une audience auprès de cet autre chef de clan. Il avait envoyé un messager quelques jours avant pour mettre au courant l'autre clan de sa venue, et il espérait qu'il avait réussi sa mission, sinon, il se retrouverait en invité surprise, ce qui lui plaisait guère, les orcs ayant tendance à tirer à vue sur tout ce qui avait l'air d'être un ennemi, c'est à dire tout le monde sauf les gens qu'ils côtoyaient à longueur de journée. Tridd espérait un peu de diplomatie de leur part.

    Arrivés sur la plage, ils ramenèrent le drakkar sur le sable. Tridd désigna un de ses guerriers pour le garder et prévenir par un système de signaux convenus si quelqu'un s'en approchait de trop. Tridd partit donc avec les quatre restants dans la direction supposée du camp de cette magicienne. La ville de Caprice était bien visible depuis là où ils avaient débarqué. Deuxième plus grande ville du territoire orc, elle était tout de même en ruine, mais des clans avaient quand même élu domicile. D'après ses informations, il n'y aurait pas longtemps avant d'apercevoir le petit village également. La marche à pied n'était pas le fort des guerriers du clan Soreghid. Ils étaient bien plus à l'aise sur l'eau, sur un bateau, à naviguer. La vie sur une île les avait accoutumé à cela. À part pour les raids et les pillages, ils ne faisaient rien à terre.

    En à peine dix minutes, ils avaient parcouru une bonne distance et étaient sur une petite colline, surplombant tous les environs. De là, ils purent avoir une vision panoramique complète sur la région. Caprice leur apparaissait encore plus clairement. Tridd aimait ces ruines. Même si elles symbolisaient la décadence des peuples, elles montraient aussi que les orcs savaient se servir de ce que les anciens habitants avaient laissé sur place, ce qui était une sorte d'intelligence en soi. Cela favorisait aussi la sédentarisation des peuples, une évolution. Finalement, ce fut de la fumée qui mit Tridd sur la voie. Elle émanait d'un point derrière une autre colline et elle était bien trop régulière pour être accidentelle ou même fortuite. Il y avait forcément un camp derrière. Tridd espérait que c'était celui qu'il cherchait.

    Il avait mal évalué la distance séparant les deux collines. C'est presque à bout de souffle et complètement fatigué qu'ils y arrivèrent, après plus d'une heure de marche rapide. Heureusement, ils avaient prévu de l'eau en quantité pour se rafraîchir et ne pas mourir de soif avant d'atteindre le sommet. Ils regrettaient par contre de ne pas avoir pris plus à manger. Il y avait de bonnes réserves sur le bateau mais ils en avaient laissé la plupart là-bas. Ils comptaient sur l'hospitalité des autres orcs, peut-être à tort. Dans le pire des cas, ils pourraient aussi compter sur la chasse, ils avaient ramené leurs arcs et le reste du matériel.

    Au final, ils se reposèrent quelques minutes une fois au sommet. Le camp était en vue à présent et il grouillait apparemment d'activité. Tridd ne pouvait pas distinguer grand chose de là où il était mais il voyait quand même que l'entrée principale était gardée. C'était là qu'il faudrait qu'il se présente, toujours en espérant qu'il soit attendu et non considéré comme un ennemi. De toute façon, il se doutait bien qu'il ne passerait pas pour un envahisseur avec seulement quatre guerriers à ses côtés. Il n'y avait pas de raison pour qu'il soit pris comme une menace de leur part. De plus, son épée était rangée dans son fourreau, signe évident qu'il venait en paix, mais il n'hésiterait pas à dégainer sa meilleure amie en cas de besoin. C'est donc avec la main sur la garde de son arme qu'il se présenta. Il fut étonné de voir une femme parmi les gardes mais fit vite le rapprochement avec l'évolution sociale qui avait eu lieu dans ce clan. Tridd s'avança d'un pas de plus par rapport aux autres guerriers qu'il avait amené, pour montrer qu'il était le chef, et déclara à l'attention des gardes.


      « Je suis Tridd, du clan Soreghid. Il me semble que je suis attendu. »


    Il resta alors ainsi, attendant une réponse et guettant les réactions des gardes de l'entrée.

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Kelrog Langue Aiguisée

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Messages : 3
Date d'inscription : 02/09/2012

MessageSujet: Re: Rencontre au sommet   Mer 5 Sep - 17:46

Ainsi, elle avait déjà attiré l'attention. La Prophétesse avait reçu un émissaire, un messager d'un clan "voisin", vivant sur une île. Des îliens... Fallait-il être fou pour aller se perdre sur une île, avec des ressources forcément limités, un manque de proximité avec les autres clans orcs... Mais c'était un choix, un choix judicieux pour emmagasiner des forces et avoir une puissance suffisante pour frapper fort. Cela restait un pari risqué, mais bon. Pour attendre celui qui allait être leur invité, Kelrog avait fait installé son campement de nomades au sud d'une des villes orques. Enfin, si on peut appeler ça une ville. Une simple ruine, sans plus de création. Les orcs étaient tellement stupides... Mais là dedans devaient vivre peut-être un ou deux clans. Des clans qui se battent sans doute pour un quartier, un bout de terrain.

D'ailleurs, si la Prophétesse était venue avec ses guerriers, c'était pour cette ville. Il était temps qu'elle offre à son clan une vraie maison, un lieu où prospérer. Elle pourrait rebâtir cette ville. La protéger. En faire un havre nouveau, de paix et d'harmonie pour les clans orcs le souhaitant. Oh bien sûr ça ne serait pas facile de changer la mentalité d'un peuple qui n'a fait que ça, mais l'évolution qu'elle avait obtenu avec son propre clan montrait que les orcs pouvaient changer. Ou a défaut évoluer pour devenir "meilleurs". Ils pouvaient être des constructeurs, des artisans, des ouvriers. Ils étaient capables de bâtir, pas que de détruire. De plus, le fait qu'elle soit une ville portuaire permettrait de facilement avoir accès à une source de nourriture stable. Avec de l'élevage, des plantations, elles seraient capables de nourrir un peuple. Elle pourrait tous les nourrir... Les orcs n'auraient plus aucune raison de se battre.

La reine amazone avait traité le messager avec respect et déférence, comme elle aurait traité n'importe quel membre de son propre clan. Seulement, elle doutait. Qui que soit ce chef de clan, il se sentait assez puissant pour prévenir qu'il arrivait. Oh, il pouvait prétendre à la diplomatie tant qu'il le voulait... Et quand bien même n'était-il pas perfide, que se passerait-il lorsque tous deux auraient des différents ? Une alliance, entre orcs, ce n'est pas possible. Il devait y avoir un dominant, et un dominé. Si elle s'était lancée dans une telle réunification, ce n'était pas pour se casser le dos avec des alliances. Les alliances se brisent trop facilement, il fallait... L'allégeance de l'un à l'autre. Mais qui accepterait de laisser régner l'autre sur son propre clan ? Kelrog ne pouvait abandonner maintenant. Elle avait abolie la maltraitance envers la femme et avait créer des guerrières fidèles ainsi. Ce n'était pas pour voir un autre chef de clan crétin et stupide venir prendre le contrôle et remettre les femelles d'où elles venaient.

Le Duel. Seul un duel pourrait leur permettre de se départager. A moins qu'elle ne mette à mort le chef de clan adverse... Une solution rapide et nette. Sa réputation en prendrait un coup, mais ça ne serait qu'éphémère. Et puis trimbaler des têtes d'orcs empalées sur des piques, ça faisait toujours son petit effet. Alors qu'elle était à imaginer sa petite horde se balader avec les piques en question, elle fut interrompue par la cheffe de la garde, Kasskrânes. Cette dernière était probablement la plus grande des orques du clan, elle avait une large cicatrice qui lui courait du haut du crâne jusqu'à la mâchoire. Elle portait des bouts d'armure disparates, et arborait une crête de cheveux noirs. L'immense guerrière posa sa lourde hache à deux mains sur le sol, avant de se mettre à genoux.


-Prophétesse ! Ils sont là. A peine quatre.
-Amenez leur chef. Mettez les autres avec le messager, dans l'une de nos huttes. Faites les surveiller. Et doucement, avec leur chef. Prenez le temps de l'amener... Faites lui visiter. Que je prépare quelques... Trames.


La cheffe des gardes avait compris. Elle sortit de la tente en se dirigeant vers l'entrée principale, flanquée de quatre gardes, dont trois mâles et une petite orque qui portait un arc en cornes. Les mâles portaient épées, boucliers et lances. Ils arrivèrent rapidement à la porte principale. Le camp était protégée par une clôture de bois, sur laquelle avait été déposée un bric à brac suffisamment bruyant pour réveiller tout le camp si quelqu'un fait bouger la barrière. D'un mouvement de la main, Kasskrânes fit comprendre aux gardes ce qu'elle voulait, et bientôt le chef fut séparé de ses hommes que l'on emmena plus loin.

-Je suis Kasskrânes. Cheffe des gardes et responsable de la sécurité de la Prophétesse. J'ai eu ordre de vous faire visiter un peu. Mais j'vous préviens de suite... Si vous voulez blesser notre Reine Amazone... Z'allez devoir me vaincre avant. Elle est respectée par tout l'monde ici. Hommes et femmes. On a notre rang selon notre valeur. J'sais pas pourquoi z'êtes venu. Mais z'auriez pas dû.

Elle lui fit visiter le camp rapidement. Il devait y avoir un peu moins d'une centaines d'orcs, hommes femmes et enfants. Le clan était organisé, et possédait même des élevages de porcs. Quelques grands loups comme monture, mais bien trop peu pour créer une "cavalerie" potable. On sentait que la seule chose qui manquait au clan était une certaine... Stabilité. Il ne manquait qu'une ville, un lieu stable, pour pouvoir prospérer. Quand certains s'occupaient du repas, d'autres s'entraînaient, et d'autres encore s'occupaient des enfants. Aucune distinction sociale entre homme et femme. De frustration, les hommes étaient passés à l'acceptation puis se mirent même à apprécier leurs tâches, qui leur permettaient ainsi de penser à autre chose qu'à se foutre sur la gueule. Après dix minutes de marche avec la cheffe des gardes et deux autres orcs armés, le chef de clan fut amené vers la plus grande tente, au centre du campement.

Il n'avait été à aucun moment brutalisé. Sauf à l'entrée de la tente ou sans attendre on lui retira sa lame, le pressant de pointes de lance pour éviter que ne lui vienne à l'idée de refuser. On ne se présentait jamais armé face à la Prophétesse. Surtout quand on ne faisait pas parti du clan. Seule la garde pouvait se permettre ce genre d'écarts aux règles. Le chef fut ensuite poussé à l'intérieur, et on frappa derrière ses genoux pour qu'il s'agenouille devant la reine Amazone, qui regardait le manège d'un air ennuyé.


-J'ai dit doucement avec notre invité ! Pardonnez les, ils se tiennent à leur rôle du mieux qu'ils peuvent. Et ils réussissent.

Elle marqua une pause avant de se lever de son trône d'os et de peaux. Habillée comme à l'accoutumée, son gantelet droit aux doigts griffus luisant sous la lumière des torches. Certes le guerrier était impressionnant... Mais il ne devait pas penser assez. Se livrer ainsi à la première venue... C'en était presque... Touchant, si ce n'avait pas été pitoyable. Elle s'approcha de lui, le jaugeant, le jugeant.

-Les dieux ont un étrange sens de l'humour... Je dois rassembler les orcs, et voilà que l'on m'envoie un chef, n'arrivant qu'avec une petite escorte... Pensais tu que les orcs étaient des êtres gentils et délicats ? Qu'on pourrait t'offrir l'hospitalité ? T'es un obstacle, pour moi. Alors c'qui va se passer est simple. Je vais te garder ici. Avec tes hommes. En vie. Et on ramènera ce qu'il y a sur ton bateau... Tu seras bien traité. Mais tu pourras pas partir d'ici avant un moment. Je veux ta fidélité. Pas un simple traité, une alliance bancale. Non. Ta fidélité. Et pour ça, je vais te montrer ce qu'est ce clan. Tu vas assister... A la prise des décombres au Nord.

Elle ne l'avait pas quitté un instant des yeux. Non. Elle voulait voir ses réactions. Elle savait qu'avec ses manières elle s'en ferait un ennemi. Mais s'il réfléchissait un peu, il comprendrait le but de la manoeuvre.

-Bienvenu dans le Clan de L'Oeil, guidé par la Prophétesse. J'espère que tu t'y plairas.
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Tridd

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MessageSujet: Re: Rencontre au sommet   Jeu 6 Sep - 17:24

    Tridd attendait devant les portes. Il avait vu un des gardes partir pour annoncer son arrivée. Apparemment, ceux qui étaient à l'entrée n'avaient même pas été avertis qu'ils devaient attendre quelqu'un, la visite commençait bien. Ou alors, ils allaient chercher un comité d'accueil. Tridd n'avait pris qu'une poignée de garde pour passer inaperçu durant le petit voyage entre la côte et ce village, pour ne pas risquer d'attirer l'attention sur eux et se faire attaquer par d'autres orcs. Mais maintenant qu'il était là, comme coincé, il aurait préféré avoir toute son armée derrière lui, pour raser le campement au besoin, le mettre à feu et à sang et ramener chez lui, sur son île, tous ceux qui le voudraient. Hélas, il n'avait rien de tout cela et il devait trouver autre chose. Réfléchissant à toute allure, il eut l'inspiration et l'idée qu'il cherchait. Avant qu'on vienne ne les chercher et alors que personne ne les surveillait plus, il changea sa place avec un de ses gardes, se retrouvant parmi ses guerriers, paraissant ordinaire et étant protégé. Tridd ne s'était jamais vraiment montré au grand public et doutant que les quelques gardes de l'entrée l'ayant aperçu le différencie des autres, la ruse était parfaite de son point de vue.

    Quand enfin ils revinrent, Tridd avait même changé son arme contre celle de son guerrier et il adoptait maintenant une attitude moins hautaine. Il avait donné l'ordre à celui qui le remplaçait de ne rien dire, de ne rien montrer, de juste se laisser emmener et se laisser faire. Tridd lui avait dit qu'il serait là lorsqu'il aurait besoin de parler. C'était juste une mesure de sécurité de toute façon, et temporaire qui plus est. Dès qu'il serait sûr qu'il n'y avait aucun danger et qu'il pourrait se dévoiler sans risquer quoique ce soit, il le ferait.

    Avant même que ce qui semblait être la cheffe de la garde ne prenne la parole et ne s'adresse à celui qu'elle prenait pour le dirigeant, ils furent séparés. Tridd s'y était un peu attendu, mais il aurait pensé qu'ils ne fassent ça qu'après la visite du camp, une fois la confiance établie, en proposant d'aller manger un morceau ou boire un verre pendant que les meneurs discutaient entre eux. Tridd trouvait ça assez peu prudent d'éveiller la méfiance directement, ça ne favorisait pas les bons rapports. Ça commençait mal entre eux.

    Les quatre orcs du clan Soreghid furent emmenés à l'écart du centre même du camp. Totalement submergés en nombre, ils n'eurent pas d'autre choix que de suivre. Un dernier regard vers le guerrier de confiance qui prenait sa place le rassura. Il avait confiance en eux et c'était réciproque, chacun donnerait sa vie pour lui, ou, dans ce cas, jouerait son rôle chez l'adversaire. Il disparut de sa vue et Tridd reprit son chemin, suivant les autres, comme un prisonnier qu'on amenait jusqu'à sa cellule. Mais au lieu d'une geôle, ils furent enfermés dans une hutte toute simple, sans fenêtres, sans mobilier à l'intérieur à part une série de banc qui formait un cercle autour de pierres mises en rond et qui devaient servir à contenir un feu par temps froid. Pas de doute, cette salle devait servir de prison. Ils y retrouvèrent d'ailleurs le messager que Tridd avait envoyé quelques jours plus tôt. Heureux de voir qu'il était encore en vie et s'étonnant de ne pas s'en être inquiété plus tôt, il lui fit son plus beau sourire d'orc et lui asséna une grande claque dans le dos. On les laissa alors seuls, mais des gardes restèrent quand même devant l'unique porte de sortie. Tridd devait rejoindre son garde et reprendre sa place, et découvrir les vraies intentions de cette soi-disant prophétesse.

    Loin de se décourager devant le manque de possibilité, il se mit à faire le tour de la demeure, à la recherche d'un échappatoire. Il trouva rapidement son bonheur, par chance. Il y avait une faiblesse dans une partie du mur, un défaut de fabrication ou bien l'usure du temps. Quelque soit la raison, il en résultait tout de même une issue. Le trou était bien trop étroit mais après quelques coups et arrachages de morceaux de chaume, il y a juste la place pour qu'il passe. Un dernier ordre donné pour que les orcs se regroupent et donnent l'impression qu'ils sont cinq en ne laissant pas voir que quelqu'un manque à l'appel, et Tridd s'échappa. Grâce à un nouveau coup de chance, il sortit et se retrouva derrière, de l'autre côté de la porte d'entrée, hors de vue des gardes. Il n'eut alors aucun mal à s'éloigner et éviter de se faire reprendre directement.

    En arrivant sur le continent, Tridd n'imaginait pas à quel point un camp pouvait être aussi grand, en dépit du danger des raids et autres attaques. Soit la situation avait bien évoluée et les guerres s'étaient calmées, soit ce clan était bien plus fort qu'il ne l'avait entendu dire. Pourtant, tout avait l'air si calme dans ce village, tout le monde vaquait à ses occupations et à ses tâches. Certains s'occupaient des enfants, d'autres s'entraînaient, le tout sans distinction entre hommes et femmes. C'était assez étrange de voir une femme manier l'épée et un homme avoir un enfant dans les bras mais après tout, l'évolution sociale devait peut-être aller dans ce sens là, comme dans les autres ethnies, si faibles selon Tridd. Au milieu de tout cela, Tridd passa, non sans attirer l'attention. Il savait qu'il avait une tête d'inconnu, personne ne le connaissait mais il espérait faire illusion assez longtemps pour pouvoir arriver jusqu'à la hutte principale où il trouverait ce qu'il cherchait, la prophétesse.

    Quelques personnes le dévisagèrent mais heureusement, personne ne poussa sa curiosité au point de l'arrêter ou lui demander quoique ce soit. Ils étaient bien trop tranquilles pour avoir l'esprit en alerte toute la journée, autant les hommes que les femmes. Maintenant qu'ils n'avaient plus d'attributions spécifiques, Tridd avait l'impression que les guerriers se ramollissaient un peu, même si les femmes devenaient plus forte et l'équivalent de vrais guerriers, sans toutefois dépasser la force brute des hommes. Tridd se demandait si l'avantage procuré par un plus grand nombre de combattant compensait la perte de force et de combativité des hommes. Ce qui était sur, c'est qu'il n'était pas prêt à faire subit la même transformation au sein de son propre clan.

    Après quelques minutes de marche, il arriva en face d'une hutte deux fois plus grande que les autres. Il comprit aussitôt que si un dirigeant habitait ce village, c'était sans aucun doute ici. C'était le genre de bâtiment qu'il recherchait. Malheureusement, c'était aussi dans la partie la plus animée du camp et il serait dur de passer inaperçu s'il se pointait devant l'entrée de la hutte de la prophétesse, cheffe du clan. Il choisit plutôt d'aller d'abord à l'arrière de la bâtisse pour essayer d'écouter la conversation à l'intérieur, espérant qu'il ne se soit pas passé grand chose. Au moment où il s'approcha, il vit la cheffe de la garde qui arrivait aussi, depuis l'autre côté du camp, avec le guerrier de Tridd qui jouait toujours son rôle. Ils venaient apparemment de terminer la visite du camp et ça arrangeait plutôt Tridd. Ainsi, il n'avait rien raté d'important, vu qu'il avait lui-même vu ce qu'il y avait à voir.

    Collant l'oreille contre la paroi, les bruits de l'intérieur lui parvenait, faiblement mais quand même. Il entendit un bruit de ferraille puis un bruit sourd et finalement, elle se mit à parler. Ce fut un choc pour Tridd mais c'était effectivement une femme qui dirigeait tout ce beau monde. Mais il n'avait pas le temps de s'en étonner maintenant, il écoutait. Elle se moquait de son guerrier, le narguant et l'insultant presque. Puis elle parla de dieux, et de la suite de son plan. Elle voulait piller les réserves qu'il y avait sur le bateau, et il se demanda d'ailleurs comment elle pourrait bien le trouver ou comment elle savait qu'il ne l'avait pas fait repartir au large, mais il préféra ne pas s'interroger tout de suite. Elle exigea ensuite une chose totalement ridicule pour Tridd, une allégeance totale et non pas une alliance. Il se retint d'éclater de rire puis manqua de s'étouffer lorsqu'elle révéla son intention de reprendre une partie de la ville de Caprice. C'est à ce moment-là qu'il devait se montrer et intervenir. Il fit alors le tour de la hutte et devant les gardes de l'entrée, il ne s'arrêta même pas. Il écarta leur lance et profita de l'effet de surprise pour s'engouffrer dedans. Il sentit immédiatement les armes retomber et pointées dans son dos mais il ne s'en inquiéta pas, s'ils n'avaient pas reçu l'ordre de le tuer et s'il se montrait pas menaçant, ils n'avaient aucune raison de se faire menacer à son tour. Il arriva juste au moment où elle termina sa phrase de bienvenu en donnant le nom du clan, le Clan de l'Oeil. Tridd eut alors une vue d'ensemble sur la scène. Son guerrier était à genoux, désarmé, fixant la prophétesse tandis qu'elle faisait la même chose. Elle releva la tête et Tridd se mit à applaudir lentement, doucement.


      « Bravo, tu as réussi à capturer un de mes gardes du corps. Je suis le vrai Tridd, chef du clan Soreghid, cet orc n'était qu'une assurance, pour être sur qu'on ne nous ferait pas de mal, et apparemment, j'ai eu raison de mettre en place ce stratagème. Je ne vous ai pas fait confiance et visiblement, tu n'as pas eu non plus assez confiance pour me, enfin lui, permettre de rester armé. »


    À ces mots, Tridd arrêta d'applaudir et se pencha pour ramasser son arme qu'il rangea immédiatement dans son fourreau, levant ensuite les mains pour signaler qu'il ne cherchait pas à menacer qui que ce soit. À vrai dire, il ne se sentait pas plus en sécurité avec son épée mais au moins, il récupérait ce qui lui appartenait. Loin de se décontenancer, Tridd continua de parler.

      « J'ai … bien malgré moi, entendu votre conversation et tes plans. Et aussi tes opinions sur nous. Alors comme ça, nous sommes un obstacle pour toi ? J'ai visité un peu les parages et je pense ne pas me tromper en disant que tu auras d'encore plus grosses difficultés, rien qu'avec tes voisins les plus proches. À moins que tu n'aies une botte secrète … Quoiqu'il en soit, et aussi parce qu'il me semble que je n'ai pas le choix pour cette fois … J'accepte de combattre à tes côtés, avec mes guerriers, j'accepte d'assister et t'aider dans la reprise des ruines de cette vieille ville. Je ne sais pas ce que tu vas en faire mais soit … Je suis même prêt à suivre tes ordres le temps d'une bataille, mais avant cela, je dois avoir l'assurance que tu nous laisseras la vie sauve. Et que tu nous laisseras repartir à notre guise une fois que tout sera fini, quelque soit l'issue du combat. Si on est d'accord, je suppose qu'il ne reste plus qu'à nous préparer ? »


    Tridd ne fit pas l'erreur de s'avancer pour tenter d'aller serrer la main de la prophétesse, qui avait pour l'instant l'air d'une orque tout à fait ordinaire. Il était sur que les gardes n'auraient pas hésité une seule seconde à prendre ça pour une marque d'irrespect et le transpercer de part et d'autre. Il se contenta de la regarder droit dans les yeux, à la recherche d'une approbation quelconque. Il ajouta finalement une petite phrase, pour essayer de détendre l'atmosphère.

      « Et si tu disais à tes gardes d'arrêter de pointer leur arme sur moi, ça serait gentil. »

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