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L'avenir des peuples dépendra des peuples.
Le Peuple de l'Avenir, lui, dépendra de l'Avenir...
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Par les Chutes ! Quand il fallait gagner une bataille,
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avec ses premiers fuseaux.
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tel le ciel embrasé d'une soirée d'été.
[Laranith]

Un par un, il traîna les corps jusqu’à la falaise et les jeta à la mer afin de leur offrir une sépulture rapide...

Et afin de libérer la clairière de ces putrides émanations. La nature n’avait pas à contempler la folie des hommes.
Elle n’avait pas à supporter la barbarie des êtres qu’elle avait un jour engendré...
[Trucid]

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 Face à face dans les îles Sauvages

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Barry Toothpick

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Date d'inscription : 08/04/2012

MessageSujet: Face à face dans les îles Sauvages   Mar 10 Avr - 20:57

La Mer Songeuse, le nom de cette étendue d'eau vous avez pourtant rassuré quand vous avez décidé d'embarquer sur la "Lame de Fond", un navire marchand qui, d'après les rumeurs, était habitué à faire le trajet de Lysimaque à Dune sans soucis. Seulement, les rumeurs ne vous avez pas parler du cauchemar qui avait agité la mer quelques jours après votre départ. Une tempête à en déraciner les montagnes qui vous avez visiter votre cabine d'une manière très aérienne et choquante. En plus des bosses et des contusions qui parsèment votre corps et de la fatigue accumulé suite à la nuit blanche que les intempéries vous avez fait passé, vous vous sentez angoissé à l'idée de remonter sur le pont du navire. Vous ne connaissez pas encore l'étendu des pertes chez les passagers et membres d'équipage tandis que vous vous dirigez vers l'escalier menant au pont. Bien sûr, les dégâts matériels vous inquiète aussi énormément. A quoi bon avoir survécu à un tel déchaînement d'éléments pour finalement découvrir que vous êtes condamner à dériver jusqu'au Grand-Vide, ou jusqu'aux bras d'un Orc ? Après avoir enjambés un chevron brisé sans soutenir le plafond au-dessus de vous, vous prenez une grande respiration et vous arrivé enfin à l'extérieur.

La première chose que vous voyez est la lumière pâle et matinale qui vous éblouit. Après tout, vous avez passé la nuit dans le noir le plus total, histoire d'éviter qu'une bougie ou une lanterne n'enflamme votre matelas, il vous faut quelques secondes pour vous réhabitué à la lumière. Une fois vos pupilles adaptées, vous apercevez le ciel gris au dessus de votre tête, reste des énormes cumulus noires qui avaient joué avec l'embarcation toute la nuit à grands coups de vents et d'éclairs. Vous baissez ensuite les yeux, découvrant le carnage. Sur la bonne trentaine de personnes ayant embarqué au départ et la quinzaine de membres d'équipage, une bonne demi-douzaine sont morts, posés contre le rebord du navire en attendant d'être jeté à la mer. Non loin de là, le médecin de bord a décidé de profiter de l'inconscience d'un des matelots pour lui amputer une jambe complètement lacérée. A quelques pas de la table d'opération artisanale, plusieurs marins s'affairent à consolider le plus grand mât du navire, qui ne cesse de pencher dans un craquement instable. Réalisant pleinement l'étendu des dégâts, vous avancez d'un pas pour proposer votre quand, soudain, un cri vous interpèle, comme une partie de l'équipage :


"Vous vous moquez de moi ?! je n'ai pas envie de mourir !"

D'un seul geste, vous vous retournez et levez la tête vers le pont supérieur de la Lame de Fond. Vous repérez alors un homme à l'allure étrange appuyé contre la rambarde donnant sur votre position. Il semble regarder l'horizon juste s'étendant devant la proue du navire, bien que sa tête soit à moitié caché par l'ombre de son chapeau brun vous empêche d'en être sûr. Même s'il ne vous a pas remarqué, vous ne tardez pas à détourner votre regard avant de pouvoir distinguer le visage de ce surnommé le Cure-Dents. Pour l'avoir entrevue à tous les repas depuis le début de la traversé, sa face à moitié défigurée et la dernière chose que avez envie de regarder aujourd'hui. De plus, vous savez que ce n'est pas sûrement pas ce mercenaire qui a dû hurler. Il est le genre d'humain à montrer son mécontentement à coup de lame ou de poings, pas à coup de décibels. Par contre, le Lycanthrope avec lequel il avait embarqué. Ce dernier et le Cure-Dents avaient été engagés pour prendre soin d'une caisse de cargaisons dont vous ignorez la contenance. Contrairement à son collègue, le métamorphe aimait parler et râler, sans parler de son manque de respect totale pour la vie autre que la sienne. Dans votre esprit, il ne faisait presque aucun doute que ce Loup-Garou, surnommé Croc, était l'auteur des cris. néanmoins, pour en être sûr, vous décidez de grimper sur le pont supérieur. Une fois arrivé sur place, vous constatez effectivement que le Lycanthrope est là, fixant une femme humaine qui observait une carte posée sur une table en bois devant elle. Il s'agissait du capitaine de la Lame de Fond, une personne responsable et courageuse que l'on vous a chaudement recommandé. Alors que Croc montre des signes d'impatience, la capitaine pointe une partie du plan de l'index et déclare :


"Désolé, mais nous n'avons pas le choix. La tempête nous a fait dérivé près des côtes de l'Archipel des îles Sauvage et à endommagé notre mât principal et notre gouvernail. Si on force sur ce dernier, il cassera et nous dériverons. Nous devons accoster en urgence pour réparer."
"Hors de question !" S'écria le Loup-Garou. "Nous aurons à peine le temps de mettre un pied sur ces terres barbares que des milliers d'Orcs nous accueillerons à grand coup de massues !"
"Arrête de geindre le chiot." Fit alors le Cure-Dents sans quitter sa position. "Dis-toi qu'on a plus de chance de survivre sur l'une de ses îles que sur Raakghar même."

D'un geste brusque, le Lycanthrope se tourne vers son collègue. Il s'approche ensuite de lui, le retourne brusquement en l'attrapant par le col et montre les crocs. Une tension très désagréable s'installe alors sur le pont supérieur et vous donne presque envie de redescendre. Depuis le début de la traversée, les deux mercenaires n'arrêtaient pas de ce chercher des noises, plusieurs marins avaient même pariés qu'ils s'entretueraient avant la fin du voyage. Tout en faisant naviguer votre glotte le long de votre gorge, vous espérez que la situation ce calme, mais les paroles du métamorphe ne vous rassure pas :

"Ah ouais ? Et comment tu le sais Face d'Orc ? T'as fais quelques bâtards à des femelles du coin ?"
"L'archipel est tenu par un seul clan, les Soreghid. D'après les rumeurs, il est composé de plusieurs centaines d'Orcs principalement regroupé dans un campement sur une seule des îles, Désolation. Si on évite cette île et qu'on a de la chance, on pourra réparer sans qu'ils nous remarquent." Répond simplement l'intéressé avant de durcir le ton. "Maintenant, lâche ma veste et range tes canines, sinon je me fais un collier avec."

Les deux hommes ont continué de se fixer dans le blanc des yeux pendant plusieurs minutes, vous mettant plutôt mal à l'aise. S'ils avaient pu tirer des flèches avec leur regard, ils auraient pu faire pâlir les défenses de Prudence. Finalement, le Cure-Dents et le capitaine ont eut le dernier mot. Celle-ci a alors fait passer les consigne à son équipage et vous a encouragé à vous armer en vue de l'accostage prévu dans quelques heures. L'idée de vous retrouver en territoire Orc ne vous réjouit évidemment pas, mais vous vous accrocher au mince espoir que les réparations soient assez rapides pour éviter le contact.

Comme prévu, quelques heures plus tard, alors qu'une légère bruine balaye votre visage, vous maintenant ainsi éveillé, la Lame de Fond s'encre dans une petite crique sur une île Sauvage. Plusieurs chaloupes sont alors mises à flots. Tandis que tous les hommes sachant combattre devront monter la garde, les autres devront ramener du bois ou enterrer les morts sur la plage. Par un drôle de concours de circonstance, vous vous retrouvez sur l'un d'entre elles, tout comme Croc et Face d'Orc. Malgré la tristesse du ciel, l'endroit sur lequel vous accostez est presque accueillant. Une plage de sable, de la végétation à foison et pas de crânes plantés sur des pics pour avertir de la présence d'Orcs. Armé d'une dague et d'une paire de gant en cuire, vous faites partie du groupe devant couper le bois pour réparer le mât et le gouvernail.

Vous commencez donc à travailler quand, soudain, vous apercevez le Cure-Dents s'éloigner du groupe qu'il est sensé surveillé. D'après ce que vous avez entendu, il est partit faire le tour des environs. Piqué par la curiosité, vous décidez de le suivre discrètement. Apparemment, vous arrivez à ne pas vous faire remarquez alors que vous observez le mercenaire pousser un soupir de soulagement une fois seul. la vie en communauté ne semble pas vraiment plaire à cet homme, enfin, du moins en communauté de l'Ultime Alliance. S'arrêtant à la lisière d'un petit bois, vous le voyer sortir une bourse de la poche de sa veste. Il fouille dedans et récupère des feuilles séchées et une paire de petits silex. Lentement mais sûrement, il roule la feuille, la colle dans le coin non déformé de sa bouche et tape les silex juste à son extrémité. Il finit par allumer le végétal et commence à le fumer quand, tout à coup, il déclare à haute voix :

"Allez, sortez donc de ce bois qu'on cause."

Surpris, vous n'imaginiez pas être repéré aussi facilement. Vous commencez donc à vous lever avant de raviser. En effet, vous venez de comprendre que le mercenaire ne s'adressait pas à vous, mais aux ombres menaçantes qui apparaissent le long du petit bois...
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Tridd

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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Mer 11 Avr - 15:20

Raakghar, Archipel des Îles Sauvages,
île Désolation,
an 998 après le Syncrétisme, mois des moissons.



    Ils étaient revenus depuis quelques jours à peine, encore un pillage qui s'était passé à la perfection. Tridd était dans sa tente, comme d'habitude. C'était à partir de là qu'il élaborait toutes ces stratégies et choisissait toutes les cibles. Autant dire que c'était le centre nerveux du camp orc et tout le clan Soreghid savait à quel point il était indispensable. Toutes les informations récoltées étaient apportées ici et analysées ensuite. Tridd entretenait ses cartes avec une grande rigueur et les complétait avec assiduité, dès qu'il avait des nouvelles données. Les éclaireurs qu'il envoyait aux quatre vents, sur toutes les côtés proches ou lointaines, à bord de frêles esquifs, notaient l'apparition de nouveaux villages, l'évolution des anciennes cibles et observaient les mouvements des flottes ennemies. Tout cela était nécessaire pour Tridd et l'efficacité de son travail. S'il passait des heures et des heures à faire des choix raisonnables et cohérents, autant les faire avec des informations récentes et encore valables. L'effet de surprise était primordial et en être victime était absolument hors de question pour lui.

    En ce jour, il attendait le retour d'une de ces missions. Elle serait déterminante pour le choix de la prochaine sortie en mer, elle lui permettrait de décider s'ils pourraient encore attaquer sur les côtes du duché d'Évasion. Tridd avait peur qu'alerté par le précédent pillage, le Duc ait demandé une défense renforcée sur les petits villages du bord de mer. Si cela se confirmait, il lui faudrait changer de coin, pour un temps du moins. Les dangers étaient trop importants. Tridd s'impatientait un peu. Il n'aimait pas vraiment qu'on le fasse patienter ainsi. Lorsqu'enfin, un des orcs montant la garde devant sa tente annonça un messager à son attention, il sourit intérieurement. Enfin il n'aurait plus à attendre. Un nouvel orc entra. Légèrement essoufflé, il ne prit pas la parole tout de suite. À bout de patience, Tridd s'énerva un peu.


      « Bon alors, quelles nouvelles ? »

      « Je … Des nouvelles inquiétantes, j'en ai bien peur ... »

      « Et bien parle ! Tu viens des côtes du Duché d'Évasion ? Ils ont sorti les navires de défense ? Leur armée est en marche vers les petits villages ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

      « En fait, je viens pas de ces côtes, mais- »

      « D'où alors ?! Dépêche-toi de me le dire ! »

      « De la partie sud de l'île. Nous avons des visiteurs. Il y a un navire amarré au large et des barques ont accosté sur les plages au sud. »

      « Et c'est que maintenant que tu me le dis ?! »


    Tridd ne prit pas le temps de lui répondre plus. Il prit sa fidèle épée dans la main et sortit en trombe de sa tente, bousculant au passage l'orc messager, l'envoyant presque à terre. Il héla les deux gardes devant sa tente, leur intimant de le suivre d'un geste. Ils comprirent aussitôt et ne posèrent pas de questions. Malgré sa marche rapide, ils n'eurent pas trop de mal à lui emboîter le pas. Ils se dirigeaient activement vers cette fameuse plage. Tridd ne prit même pas la peine de prendre d'autres orcs avec lui. Si confiant dans ces capacités, il ne le jugeait pas nécessaire. Il se sentait capable d'écraser à mains nues une bonne dizaine d'humain alors trois orcs, il jugea même cela de trop pour quelques barques. De plus, ils avaient l'avantage du terrain. Ils étaient sur leurs terres, rien ne pourrait les surprendre ou les piéger, au contraire, ils avaient tous les éléments en main pour le faire eux-même. Bref, il n'envisageait même pas la défaite ou même une seule égratignure.

      « Préparez-vous à vous battre. » dit simplement Tridd.

      « Bien ! » répondirent les deux orcs.

      « S'ils sont moins de dix par contre, je veux que vous me les laissiez. J'ai une folle envie de trancher en ce moment. »

      « Comme vous voudrez. »


    Une fois ces choses éclaircies, Tridd accéléra encore sa marche vers la plage. Dans son esprit, la rage de la bataille commençait à monter en lui. Même si la plupart du temps, il restait calme et ne se battait presque pas lors des pillages dans les petits villages, il restait un orc. Trancher dans la chair de ses ennemis, faire couler leur sang, les voir mourir de ses mains, c'était son plus grand plaisir. Ses responsabilités de chef lui prenait parfois tout son temps mais il assumait son rôle de guide pour son clan. C'était pour cela qu'il était né, il en était sur, et c'est vers la gloire et vers la prospérité qu'il comptait bien amener son peuple. Peu lui importait l'Ultime Alliance ou le fait que tout le monde s'était ligué contre eux, il réussirait, Tridd avait une absolue confiance en ce fait.

    Généralement, les vaisseaux humains, elfes ou même ceux des créatures maléfiques ne s'approchaient pas des côtes orques. Raakghar était une destination évitée par tout le monde. Même certains des clans orcs craignaient de devoir pénétrer plus profondément dans ces terres. C'est en partie pour ça que les orcs du clan Soreghid s'étaient installés sur cette île. L’Archipel des Îles Sauvages avait été abandonné pour des raisons inconnues. Lorsque Tridd avait pris le contrôle de son clan, ils étaient encore nomades et n'avaient pas de bases fixes ni même de campements. Cet endroit, c'était maintenant tout pour eux. Ils ne toléraient pas que des étrangers posent ne serait-ce qu'un pied dessus, même si c'était temporaire, même si c'était des naufragés, même si c'était une autre tribu orque venue demander l'hospitalité ou refuge. Tridd était prudent et ne laissait personne d'autre venir et voir, de peur que ce soit des espions ou des envahisseurs.

    Arrivé au bout de la plaine un peu désertique, vide de végétation, sur laquelle le clan avait installé le campement, Tridd avait une vue imprenable sur la plage et les petits bois environnants, mais aussi sur les eaux alentours. De là, il vit effectivement le navire échoué au large. Apparemment avarié, le mat principal avait été endommagé, sûrement en haute-mer lors d'une des nombreuses tempêtes agitant la mer ces temps-ci. Le bateau était de belle taille, mais ne paraissait pas armer pour la conquête ou pour la guerre. C'était sûrement un navire marchand selon Tridd, donc pas trop de soucis à se faire. Il y aurait au pire quelques soldats en arme, quelques gardes personnels peut-être mais pas de troupes organisées, pas de danger. Il vit aussi sur la plage les quelques chaloupes débarquées sur son île. Il y avait quelques personnes pour les garder, les autres étaient cachés par les arbres. Tridd ne pouvait donc pas estimer leur nombre. Tant pis …

    Ils entrèrent alors dans la forêt. Celle-ci était peu étendue et Tridd la traversa d'un pas assuré. Il la connaissait par cœur, elle n'avait plus de secret pour lui. Il savait exactement où il allait et les deux orcs derrière lui le suivaient tant bien que mal. Tridd était légèrement plus grand qu'eux et ses enjambées plus longues aussi. Il zigzagua entre les arbres sans s'arrêter ni même ralentir. Ces arbres donnaient parfois quelques fruits délicieux et sucrés, selon la saison, qui régalaient les orcs du clan. L'orée de la forêt se présenta bien vite. Ils allaient enfin déboucher sur les plages cherchées. La pénombre du bosquet laissa bientôt place à la vive lumière du soleil. Il y avait quelqu'un, isolé, près des bois. Un homme apparemment. Derrière l'espèce de colline, le reste de l'équipage qui avait débarqué s'affairait également. Tridd ne voyait pas très bien ce que l'homme faisait à cause de la luminosité mais peu lui importait. Cet intrus allait mourir, sitôt qu'il lui aurait révélé ce que ces humains faisaient ici. Tridd entendit des paroles prononcées par celui-ci.
    « Allez, sortez donc de ce bois qu'on cause. » Tridd réprima un sourire. Il s'adressa alors à ces deux orcs qui le suivaient. « Comme convenu, vous vous montrez, mais vous n'intervenez pas. Il est seul, je voudrai m'amuser un peu. » Tridd sortit alors des bois. Les deux autres orcs restèrent à l'orée de celui-ci, visibles mais éloignés quand même.

      « Détrompe-toi, je ne me cachais pas. Je viens juste d'apprendre votre intrusion. »


    Tridd s'approcha, tout en gardant une distance de sécurité, l'épée bien en vue, prête à être utilisée, pour parer ou attaquer. En même temps, il vérifiait qu'il était bien seul et qu'il n'y avait pas d'archers embusqués. Il ne vit rien en tout cas et se détendit un peu.

      « Que faites-vous ici ? Vous savez que vous vous trouvez en plein territoire orc ici ? »


    Tridd attendait la réponse de l'individu avant de décider de poursuivre l'interrogatoire ou le tuer tout de suite.
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Barry Toothpick

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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Ven 13 Avr - 15:06

Impossible ! Voilà un mot qui aurait pu vous traverser l'esprit en apercevant les créatures qui apparurent à la somation du mercenaire surnommé Cure-Dents. Bien caché derrière les fourrés, vous découvrez avec angoisse les silhouettes musculeuses et armées des trois Orcs qui viennent de se dévoiler. Si les deux plus petits, enfin petits, ils font aisément une tête de plus que le gaillard défiguré, restent sagement à l'orée du bois, le troisième s'avance, lame au clair et les muscles bandés, prêt à réagir au moindre mouvement hostile de son interlocuteur. Vous rappelant les quelques cours de survie que vous avez prit avant la traversée, vous vous rappelez que, chez les peau vertes, les spécimens les plus imposants physiquement étaient généralement les plus haut-gradés dans la hiérarchie guerrière. Ainsi, la différence de taille entre l'Orc avancé et ses deux camarades vous fais comprendre qui est le chef.

Impossible ! Pour la seconde fois en quelques secondes, ce mot aurait pu traversé votre esprit. Seulement, cette fois, il serait plus le résultat de votre étonnement que de votre frayeur. En effet, quand vous voyez le patron des peau-vertes ouvrir la bouche, vous vous attendez à entendre, au mieux des phrases mal faites, au pire de simples grognements. Après tout, vos grand parents n'ont eut de cesse de vous raconter des histoires où le vocabulaire des Orcs étaient réduit à deux mots : "Orc" et "écraser". Or, dès que les cordes vocales de la créature se mettent à vibrer, vous êtes assaillit par la surprise de l'entendre parler un Célestien parfait. Alors qu'une partie de vous est complètement abasourdie et l'autre terriblement apeurée, les mots prononcés par la peau verte résonne dans votre crane. Il voyait l'arrivé de la "Lame de fond" comme une intrusion dans son territoire, un choix de mots qui n'était pas là pour vous rassurer. Discrètement, vous tournez la tête vers son interlocuteur, Cure-Dents. Il avait gardé la tête légèrement baissée tout du long de l'entrer des géants de jade, permettant ainsi à la visière de son chapeau de cacher une partie de son visage. Outre ce léger détail, vous trouvez le mercenaire très calme, peut être même trop. Alors qu'il a un colosse en face de lui, il se contente d'aspirer un peu de la fumée de son herbe séchée avant de répondre avec sa voix rauque :

"Je n'ai pas dit que tes soldats et toi vous cachiez. Je ne suis pas venu là pour insulter les Soreghid."

Lentement mais sûrement, Cure-Dents attrape sa feuille roulée avec son pouce et son index. Il la retire ensuite et tourne la tête sur le côté pour cracher. Vous trouvez là le mercenaire bien malpoli, mais vous vous rappelez alors qu'il ne cessait de le faire sur le bateau à chaque fois qu'il fumait. Quand vous lui avez demander pourquoi il faisait, il vous avez répondu, entre deux soupir, que c'était la mode à la frontière entre la zone libre de Darn Abart et le royaume de Raakghar. Il vous avez même préciser que, pour certains clans Orcs des montagnes, il s'agissait d'un signe de respect. Bien sûr, vous ne savez pas s'il vous avez raconté des histoires ou non, mais le fait est que pendant qu'un interlocuteur, attendant le bon moment pour le découpé, était en train de le questionner, Face d'Orc crache par terre en tout décontraction avant de remettre sa feuille roulée en place dans le coin non défiguré de sa bouche. En parlant de toute décontraction, vous remarquez néanmoins que le mercenaire n'est pas un fou totalement suicidaire mais un professionnel. Depuis le début de l'entretien, l'un de ses main est posée à l'embase du fourreau de son épée bâtarde. En cas de grabuge, il semble capable de dégainer sa lame assez rapidement pour se défendre...enfin, au moins un temps.

Tandis que vous continuez d'observer la réunion, vous voyez le chef des Orcs regarder un peu partout autour de lui. Par réflexe, vous vous baissez, priant pour être assez petit et frêle afin que le fourré vous cache avec efficacité. Vous coupez aussi votre respiration afin de faire le moins de bruit possible. Par chance pour votre tête, le géant de jade n'a pas semblé vous avoir repéré, vous recommencer donc à souffler doucement en l'écoutant interroger le Cure-Dents. En attendant les réponses du mercenaire, vous vous sentez de plus en plus nerveux. Vous pensez qu'il y a peut être une possibilité pour que les Orcs laisse la Lame de Fond réparer ses avaries sans que cela ne vire au carnage. Seulement, est ce que le représentant du navire à ce moment précis pense la même chose que vous ? Est ce que, de part son expérience, il sait qu'il est trop tard et que les peau-vertes vont se déchaîner sur les pauvres marins ? hélas, vous n'avez aucun moyen d'en être sûr, le visage du Cure-Dents ne laisse transparaître aucune émotion précise. Cependant, peut être que les paroles qu'il s'apprête à prononcer d'un ton toujours aussi direct vous aidera à y voir plus clair :


"Nous sommes venu ici parce que nous n'avons pas eut le choix. Comme vos éclaireurs ont du vous le rapporter, notre navire a subit de sacrés dommages à cause d'une tempête. Nous nous sommes accosté ici juste pour faire des réparations et nous quitterons cette île une fois qu'elles seront terminées. Je vous demande donc de nous laissez finir ce que nous à faire et nous ne vous dérangerons pas plus longtemps."

Étonnement, vous avez trouvé le mercenaire plutôt diplomate. Lui qui avait bien faillit en venir aux mains avec le Loup-Garou à plusieurs reprises durant la traversée, il n'a pas encore montré les crocs face au mastodonte qui lui fait face. A-t-il peur ? Avez-t-il plus de respect pour les Orcs que pour les autres ethnies de Céleste ? Possible, à en juger par les fois où il s'est disputé avec le Lycanthrope chaque que ce dernier dénigrait les géants de jade. Certains marins du Lame de Fond en avait même fait une blague, racontant que le Cure-Dents s'était défiguré lui-même pour être accepté parmi les Orcs. Finalement, toutes les questions que vous vous posez finir par avoir une réponse quand le mercenaire prend de nouveau la parole :

"Néanmoins, si tu décides de nous attaquer. Sache que tes soldats et toi risquez d'être déçu. De un, parce qu'il n'y a presque rien d'intéressant à voler sur le navire à part la vie de ses passagers et encore."

Tandis que vous sentez l'atmosphère changer autour du Cure-Dents pour devenir bien peu rassurante, vous le voyez lever la tête pour dévoiler son visage à l'Orc et le sourire malsain qui l'accompagne. Après quelques secondes d'un silence pesant, le mercenaire reprend :

"Et, de deux, parce que je pourrais bien te faire perdre plusieurs de tes guerriers dans la manœuvre."

Cette simple phrase vous glace le sang, autant à cause du ton presque animal qu'a pris le mercenaire que par la réponse qu'allait avoir son interlocuteur. Toujours bien caché, vous priez de toutes vos forces pour que ce dernier ne relève pas le défi ou ne s'énerve pas...bref, vous priez pour votre avenir...
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Tridd

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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Mer 18 Avr - 21:59

    L'homme ne semblait pas du tout inquiet, même face à Tridd. Pas de doutes, il devait en avoir vécu des aventures et il avait du en voir des choses pour en arriver là. Tridd était plutôt impressionnant pour le commun des mortels et peu pouvait prétendre avoir croisé son chemin et en avoir réchappé sans une égratignure. D'ailleurs, Tridd pouvait presque les compter sur les doigts d'une seule main. Partout où ils allaient, les orcs ne faisaient que du mal. Ils pillaient, détruisaient, brûlaient mais n'avaient aucune pitié. Rien ne touchait leurs cœurs, rien ne les arrêtait, rien ne pouvait les empêcher de vivre leurs rêves et de s'emparer de ce qu'il voulait. C'était sur cette liberté que s'était basée toute leur civilisation. C'est comme cela que le clan Soreghid ainsi que tous les autres avaient prospéré. Ils suivaient tous cette seule devise : ce que tu veux, tu prends. Ainsi allait leur quotidien, c'était leur philosophie de vivre. Ils ne dérogeait jamais à cette règle. Mais cet homme-là semblait ne pas prendre en compte tout ça, il ne semblait pas impressionné, il ne semblait même pas inquiet de se retrouver face à l'un de ses chefs de clan.

    Bien loin de se retrouver tétanisé comme cela aurait pu se passer et comme cela aurait pu expliquer son absence de réaction, il paraissait au contraire calme. Il était encore complètement maître de ses mouvements et ne tremblait pas, la taille de Tridd et sa puissance apparente ne le faisait même pas sourciller. Son visage était encore caché par le rebord du chapeau qui lui couvrait la tête. Tridd ne pouvait pas voir ses yeux et deviner ainsi ses émotions primaires. Aussi, de la fumée s'échappait de sa bouche de temps à autre. Une sorte de feuille de papier roulée dans laquelle de l'herbe était entassée. Le bout de cette sorte de rouleau était enflammé de sorte de brûler le tout. Tridd ne connaissait pas cette pratique, ne savait pas à quoi cela servait ou ce que ça représentait de là où il venait. Dans le doute, il ne le prit pas comme une attaque personnelle ou un quelconque signe d'agression. Il n'avait aucun intérêt à considérer cela pour l'instant. Il n'avait aucune information et l'intrus ne se montrait pas hostile pour l'instant.

    Cependant, quelque chose inquiéta néanmoins Tridd. L'inconnu connaissait le nom du clan. Soreghid. Ce nom sortit de sa bouche comme s'il avait déjà eu affaire à eux. Et plus encore, dans ses paroles, Tridd entendait exactement ce qu'il voulait entendre. Toute autre réponse aurait pu être prise pour une offense et lui aurait permis d'engager le combat mais heureusement pour lui, il savait s'adresser à un orc. L'honneur leur importait tellement qu'il ne fallait jamais sous estimer le pouvoir qu'il avait sur leur rage de combattre. La moindre trace de mépris pouvait mettre le feu aux poudres. Tridd souriait. Il commençait à avoir quelques doutes sur la nature de l'intrus ici présent. Celui-ci en savait beaucoup trop pour être un étranger comme les autres. Habituellement, les marins qui s'égaraient ici ne gardaient pas leur calme. Ils fonçaient tête baissée et se heurtaient inexorablement à la défense impitoyable des orcs, impénétrables, impitoyables. Tous avaient échoué. Tous étaient morts, sans même blesser un des habitants de l'île. Les orcs sur leur territoire étaient imbattables. Il aurait fallu une armée entière pour prendre cette terre aux mains de leurs occupants.

    Tridd se posait à présent beaucoup de questions à son propos. L'inconnu l'intriguait réellement. Si peu avait survécu à une rencontre, encore moins pouvait avoir fréquenté et assimilé certaines des coutumes locales et spécifiques à l'ethnie orque. Pourtant, cet homme avait encore une fois étonné Tridd. Sa manière qu'il avait eu de cracher par terre était typique d'une certaine catégorie d'orque vivant près des montagnes. Cela n'était qu'une rumeur que Tridd avait entendu mais il paraissait qu'à la frontière entre le territoire des orcs et celui des humains, des coutumes se transmettaient. Tridd avait du mal à croire en ces échanges inter-ethniques mais apparemment, il y en avait au moins quelques uns.

    Pendant tout ce temps, depuis la phrase de l'inconnu, le silence avait été de mise. Ni l'un ni l'autre n'avait osé parler. Tridd restait silencieux car il avait dit ce qu'il avait à dire et attendait ses réponses. Il ne savait pas ce que l'autre homme pensait ou s'il réfléchissait à ce qu'il allait balbutier. Tridd était convaincu que l'autre ne pourrait pas garder son calme aussi longtemps. Il n'attendait que ça d'ailleurs. Le moindre faux-pas, et il pourrait engager le duel et verser le sang de l'ennemi. C'est ce pourquoi il avait pris son épée et aussi pourquoi il était venu presque seul à leur rencontre. Le besoin d'action était parfois très fort chez les orcs.

    Lorsqu'enfin, il reprit la parole, c'était pour répondre aux questions de Tridd. Il restait très poli, justifiant très bien la nécessité qu'il avait eu de s'arrêter là et ne mettant aucune trace de provocation ou d'énervement. Tridd commençait presque à trouver cela lassant. D'habitude, les gens qui débarquaient ici ne pensait pas à négocier, il pensait juste à défendre leurs vies. Toujours est-il que celui-ci était très différent, trop peut-être. Et puis finalement, enfin une marque de défi arriva. En voulant se défendre un petit peu, juste le minimum, le ton monta un peu. Pourtant, ce n'est pas l'intonation de la voix qui monta, il ne parla pas plus fort mais dans ses termes, il y avait quelque chose d'autre. Il n'était plus aussi neutre qu'avant. Après avoir prétendu ne rien avoir de valeur sur le navire, l'homme leva un peu la tête, dévoilant ainsi son visage qui n'était plus caché par son chapeau. Tridd n'avait jamais rien vu de tel, malgré ses longs voyages et toutes les contrées traversées. Ce visage était déformé, horrible à regarder. Même pour un Orc, Tridd considérait celui-ci comme hideux. Il ne s'y attarda pas plus pour le moment. Il prêta d'avantage attention au reste de ses paroles. Il croyait pouvoir tuer certains de ses hommes.

    Tridd fut d'abord étonné par cette prétention assez forte puis, dans son esprit, quelque chose se produisit. Tridd éclata de rire. Les Orcs ne rient que très rarement. Leur sens de l'humour est très peu développé et les raisons de rire manquent un peu pour eux. Ils n'étaient pas réputés pour rire à la moindre occasion, même sous l'effet de boissons alcoolisées. Seules la rage de la bataille et la tension envolée après une victoire bien méritée leur arrachaient parfois un petit rire nerveux. Mais là, c'était un véritable éclat de rire. Jamais personne n'avait tenu tête ainsi à Tridd, et cela l'amusait beaucoup. Cependant, le rire n'était pas du tout mélodieux. Il était grave, profond, presque effrayant. Il sortait du plus profond de sa cage thoracique. Il ne pouvait s'en empêcher. Malgré cet état, il gardait néanmoins un œil sur la situation et ne manqua pas de remarquer la main de l'homme sur la garde de son épée. Lui-même avec son épée en main et ne se déconcentrait pas. Toujours prêt à riposter ou à se défendre, il ne baissait que très peu le regard et gardait les yeux bien ouverts. Quand il se calma enfin, il était prêt à discuter à nouveau.


      « Je te trouve bien prétentieux, pour un homme. Néanmoins, tu as montré une connaissance assez poussée de notre monde et de nos coutumes. Je me pose des questions à ton propos. Tu sembles en savoir trop, justement. Et notamment le nom de mon clan. »


    Tridd avait, durant tout ce temps, fixé les yeux de son ennemi potentiel, dans un signe de défi un peu mais aussi par respect. Tridd lui montrait qu'il ne plaisantait pas, et qu'il était réellement impressionné par le fait que son clan soit connu par delà les mers. Ils cherchaient le plus souvent à ne pas faire de remous, et à ne pas laisser de traces de leur passage mais apparemment, il y avait eu des fuites, ou bien, des racontars. Tridd n'aimait pas trop ça mais bon, il n'y pouvait pas grand chose. Il désigna alors de sa main libre le reste de la plage où étais les autres hommes.

      « J'ai effectivement vu que vous aviez eu une avarie. Vous avez néanmoins mal choisi votre île. Combien de temps vous faudra-t-il pour réparer cela ? »


    Tout en disant cela et en posant cette question déterminante, il jeta un coup d’œil au navire ancré au large. Il avait vraiment l'air mal en point. Des hommes étaient encore sur le pont mais à cette distance, Tridd ne vit pas grand chose. La seule chose dont il était sur, c'est que l'inconnu qu'il avait en face de lui n'avait pas débarqué seul. Il ne fallait pas qu'ils traînent trop ici.

      « En fait, je vous laisse quelques heures. Si au coucher du soleil, vous êtes encore là, toi et ta bande d'hommes, nous nous verrons obliger de vous refouler jusqu'à vos canots et tant pis si votre navire n'est pas encore réparé. À la moindre marque d'agression, vous aurez aussi affaire à nous. En attendant, je reste ici pour surveiller. »


    Tridd fit alors signe à un des deux Orcs d'approcher et lui donna des consignes à vois basse, afin que personne d'autre que lui ne l'entende.

      « Retourne au campement et dis aux dix premiers orcs que tu croiseras de se préparer au combat. Qu'ils s'arment et qu'ils attendent sans faire un bruit dans la forêt. Je ne veux pas qu'il se fasse voir. Maintenant, va. »


    Tridd se retourna de nouveau vers l'inconnu.

      « Qu'est ce qui vous a amené dans ces eaux ? »





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Barry Toothpick

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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Dim 22 Avr - 20:48

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Les mains jointes, prostré derrière votre cachette et les yeux fermés, vous continuez de prier le ou les idoles de vos croyances, leur demandant de l'aide, le pardon ou plus simplement un miracle. Trop occupé à trouver le courage ou la rédemption vous n'avez pas remarqué le silence oppressant venant droit de la petite réunion entre le Cure-Dents et le chef Orc à proximité de votre position. D'ailleurs, le fait de ne plus sentir l'atmosphère électrique depuis les dernières paroles du mercenaire vous rassure un petit peu et, surtout, de manière éphémère. Quelques secondes plus tard, l'entente d'un rire effrayant vous glace le sang. Vous souhaitez alors retourner dans vos prières mais la curiosité concernant cet éclat de rire qui, vraisemblablement, n'était pas humain, vous pousse à rouvrir vos paupières et regarder en direction des deux êtres qui se font face depuis plusieurs minutes déjà. Votre premier réflexe est de vous tourner en direction du mercenaire. Même si le rire est trop grave pour lui appartenir, malgré sa voix rauque, vous n'osez imaginé que ces éclats viennent en fait de son interlocuteur géant. Après tout, la seule fois où vous avez entendu parler d'une peau verte riant de bon cœur, c'était quand votre oncle ivrogne vous racontez ses soi-disant quêtes pour sauver la présidente de l'Ultime Alliance. Seulement, en découvrant avec terreur que le Cure-Dents n'a rien à voir avec ce rire effroyable, vous tourner très lentement les yeux vers le colosse de jade.

Impossible ! Ce mot revient une nouvelle frappé à la porte de votre pensée alors que votre sang se glace devant la réaction étonnante de l'Orc. Visiblement, il ne prend pas vraiment les menaces de l'humain au sérieux et, vu sa carrure et la lame aiguisé de son épée, cela ne surprend finalement que très peu, même si entendre un tel être rire vous gratifie d'une grosse dose de stupéfaction. Concrètement, le géant d'émeraude possède un avantage en force, mais aussi en nombre et en connaissance du terrain, difficile d'être moins confiant dans ces conditions. Dans votre esprit, l'idée de voir le colosse se jeter sur le mercenaire dans les secondes à venir ce fait de plus en plus pressante. Seulement, pour vous donner tord, ou peut être répondre à vos prières silencieuses, le chef de clan ne bouge pas.

Il reprend simplement la parole, traitant au passage le Cure-dents de petit prétentieux et, surtout, montrant une certaine curiosité pour les connaissances du mercenaire. D'ailleurs, en repensant, vous pouvez vous demander comment l'homme défiguré possède autant d'information sur les Orcs et leurs coutumes. Vous fixez donc le mercenaire, voyant que son visage ne montre toujours rien, aucune émotion particulière. En fait, c'est son corps qui en dit plus sur le que ses expressions faciales. En effet, lentement, il saisit son épée d'une manière un peu étrange. Au lieu d'avoir sa main positionné de manière à avoir le pouce près de la garde de son arme, permettant ainsi de sortir directement la lame vers le ciel, sa main est retourné, comme s'il dégainé un couteau pour poignardé quelqu'un. Sans geste brusque, avec un calme presque sur-réaliste, le Cure-Dents retire la lame de son fourreau et place le pommeau rond de l'épée sous les yeux de son interlocuteur. Tout en retirant sa feuille séchée de ses lèvres avec sa main libre et après avoir expulsé un peu de fumée sur le coin déformé de sa bouche, il dit :


"Tu connais le signe gravé sur cette épée ? Il s'agit de l'insigne du clan des BoarSkullz, des Orcs de la montagne frontalière avec Darn Abart. Ils ne sont pas très malins, mais ont pris la bonne habitude de se renseigner sur leurs congénères. Ainsi, connaissent absolument tous les autres clans Orcs de cette Plaine. J'ai grandi, combattu et tué avec eux. Je sais donc un tas de choses sur les Orcs, y comprit comment les abattre."

En remuant vos souvenirs, vous vous rappelez de la gravure située sur le pommeau de l'arme du mercenaire. C'est un crâne de sanglier surmontant deux massues croisées, vous l'avez entraperçu un soir alors que le Cure-Dents avait trop bu. Maintenant, vous comprenez pourquoi cet homme est aussi calé au sujet des peau-vertes, mais aussi pourquoi faire face à un géant de jade ou un Lycanthrope ne le gène pas plus que ça. Pour avoir réussi à survivre parmi des êtres aussi sauvages et brutaux, il a dû développer un sang-froid à toute épreuve. Il a peut être aussi déjà la chance, ou le malheur, d'avoir entendu une peau-verte rire. Une fois que le chef Orc a bien vu l'insigne gravé, le mercenaire remet son mégot à ses lèvres et son arme dans son fourreau sans quitter son interlocuteur des yeux. En fait, voilà plusieurs minutes que les deux créatures se fixent d'une façon étrange, mêlant envie d'action et respect. Vous pensez que, si le mercenaire n'avait pas d'argent à perdre dans la Lame de Fond, il se lancerait à l'attaque sans plus attendre. De son côté, le colosse reprend les négociations en demandant combien de temps les marins comptent mettre dans la réparation du navire. Vous faîtes alors un calcul rapide, en espérant que le Cure-Dents fasse la même chose, mais, avant de pouvoir arriver à une approximation, le géant de jade enchaîne déjà avec un ultimatum. Vous et les autres humains avez jusqu'au couché du soleil pour quitter l'île. En gros, une grosse demi-journée qui permettra de réparer les avaries, enfin en se pressant un peu beaucoup. De son côté, le mercenaire se contente d'expirer un nouveau nuage de fumé sur le côté en déclarant de sa voix rauque :

"Ça m'semble correct."

Intérieurement, vous vous sentez un peu rassuré à l'entente de cet accord. Le Cure-Dents, quant à lui, reste impassible. Peut être même est-il un peu déçu d'avoir trouvé un tel accord sans avoir croisé le fer ? En tout cas, s'il l'est, il ne laisse rien transparaître, c'est à se demander s'il ne porte pas un masque en permanence, ne l'enlevant que pou balancer un sourire malsain dont il a le secret. Tandis que commencez à entre-voir le bout du tunnel, vous voyez le géant émeraude appeler l'un de ses hommes et lui murmurer des mots à l'oreille. Vous n'entendez, ni le mercenaire d'ailleurs. Seulement, celui-ci a de l'expérience et préfère reprendre la parole avec ton sévère et froid :

"Par contre, je te préviens. Si l'un de tes Orcs n'a pas la patience d'attendre jusqu'au couché du soleil et que je le vois, entends ou renifles près des marins, je te renverrai sa tête dans un sac, ainsi que celle de tous les autres Orcs se mettront sur mon chemin."

Décidément, l'assurance du Cure-Dents vous sembles sans limites. N'exagère-t-il pas un peu là ? Certes, les Orcs lui ont appris à se battre, mais de là à lui permettre de faire face à plusieurs peau-vertes à la fois, ça tient du miracle...ou de l'envie suicidaire. En tout cas, son interlocuteur se contenta de se retourner vers lui, laissant son soldat partir vers la forêt et disparaître derrières les arbres. Toujours avec un ton à vous glacer le sang, le colosse de jade pose une nouvelle question à son interlocuteur. Il lui demande la raison de la traversée du Lame de Fond. Ne l'ayant pas vu porté beaucoup d'intérêt aux autres passagers du navire, vous vous interrogez sur la réponse du Cure-Dents. Réponse qui ne tarde pas à venir :

"Pour moi, le travail, pour les autres, je n'en sais rien et je m'en fiche. A part un gars avec qui je bosse, la plupart d'entre eux sont inoffensifs et n'amuserons pas des guerriers dans ton genre."
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Tridd

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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Mar 1 Mai - 15:11

    Alors que Tridd avait fini de rire et avait émis des doutes concernant les connaissances que cet humain avait et que Tridd trouvait beaucoup trop importantes pour être de simples informations de comptoirs, l'inconnu avait forcément du côtoyer quelques orcs, et avait beaucoup appris d'eux. Il ne tarda pas à confirmer cette hypothèse. Il fit le geste de sortir son épée. Tridd se tendit aussitôt et tint plus fermement la sienne, pour pouvoir riposter à la moindre attaque de sa part, le moindre mouvement qui semblait agressif. Mais finalement, il n'en fit rien. Il sortit son épée dans le mauvais sens, la lame ne pouvant être utilisée. En réalité, il lui montrait le pommeau et notamment l'emblème qu'il y avait dessus. Tridd le reconnut aussitôt. En tant que chez de clan orc, il s'était renseigné sur tous les autres groupes importants. Un crâne sanglier sur deux masses qui se croisaient, c'était le symbole des BoarSkullz, des frontaliers avec le territoire de l'Ultime Alliance. Ils étaient décidément trop bavards. Un jour, il faudrait que Tridd aille les voir, juste pour les prévenir de ne pas trop en dire, surtout à des humains. Ils se mettaient en danger tout seul et pire, mettaient en danger tous les autres clans orcs. L'homme était beaucoup trop confiant selon Tridd. Il se vantait encore une fois de savoir comment les tuer. S'il disait vrai en tout cas, il avait été élevé parmi des orcs et en savait forcément trop.

    Lorsque Tridd évoqua l'ultimatum qui allait jusqu'à la fin de la journée, l'homme ne sembla pas inquiet plus que ça, il paraissait même accepter cela. Il tira une nouvelle bouffée sur ce qu'il fumait et laissa s'échapper la fumée sur la côté. C'est par contre à la vue de Tridd qui parla à voix basse à l'un de ses orcs que l'homme réagit. Peut-être que son instinct voyait le piège arriver et se refermer sur eux. L'arrivée de troupes supplémentaires le mettait sans doute mal à l'aise. Il y avait de quoi. Mais l'homme réagit encore de la même façon. Une autre menace. Tridd l'ignora tout simplement. Cet homme lui semblait de plus en plus antipathique, et surtout, de plus en plus vantard. Même s'il était très fort, il ne pourrait rien contre deux-trois orcs l'attaquant. Tridd avait été clément jusque là mais l'arrogance de cet invité indésirable mettait sa patience à rude épreuve. S'il ne s'était pas déjà engagé à les laisser faire jusqu'à la fin de la journée, il lui aurait foncé dedans et l'aurait tué aussitôt mais là, il ne pouvait rien faire. Il avait donné sa parole et il ne pouvait revenir dessus. Son sens de l'honneur ne pouvait être bafoué comme ça. Il se calma un peu. Il devait garder son sang froid lui aussi. S'il s'emportait, il ne savait pas ce qu'il allait se passer et à vrai dire, il ne voulait pas savoir.

    De toute façon, les orcs ne pourraient pas agir tant qu'il ne saurait pas vraiment quel genre d'équipage il y avait sur le navire et ce n'est pas la réponse de l'homme qui lui apprit beaucoup. Il n'avait apparemment pas beaucoup fait attention aux autres. D'après ses dires, il n'y avait pas beaucoup de vrai guerrier, et encore moins qui pourrait ne serait-ce que rivaliser avec lui. Il évoqua simplement un autre passager qui pouvait amuser ses guerriers. Cette information titilla un peu sa curiosité de même que le fait qu'il soit sur le navire pour du travail. Cela voulait dire beaucoup. Si on se référait à sa soi-disant force et au fait qu'il ne connaisse personne dans l'équipage, c'était sûrement un mercenaire. Et on n'engage pas des mercenaires pour rien, ce serait de l'argent gâché pour une si petite excursion. Il devait forcément y avoir autre chose, malgré ce qu'il avait dit plus tôt, comme quoi il n'y avait rien de valeur sur le vaisseau. Cette contradiction intriguait un peu Tridd. Il était curieux mais il avait dit qu'il n'attaquerait pas. Il respecterait cette parole. Il allait juste poser des questions pour essayer d'en savoir plus.


      « Un seul autre gars ? Les autres n'amuseront pas mes orcs ? C'est bien dommage. Mais je ne compte pas attaquer de toute façon, du moment que vous êtes repartis avant la tombée de la nuit. Et ne vous inquiétez pas, vous ne verrez aucun orc s'approcher de votre équipage, ils ont autre chose à faire. Et les deux autres orcs que vous avez déjà vu seraient suffisant de toute façon. »


    Tridd regarda alors autour de lui et trouva enfin ce qu'il cherchait. Une grosse pierre plate mais haute. Il se dirigea vers elle sans toutefois tourner le dos à l'homme. Une fois à côté, il s'assit dessus et s'appuya sur son épée. Le temps allait être long et comme il était décidé à le surveiller jusqu'à ce qu'il rejoigne son équipage ou jusqu'à ce qu'ils s'en aillent, il valait mieux être bien installé. Attendre debout comme ça, en se regardant yeux dans les yeux, c'était bon pour les duels à l'épée qui duraient ou pour les gens qui se jaugeaient l'un l'autre. Tridd n'était pas dans cette optique là. Il ne l'était plus en tout cas. Pour un peu, on aurait presque pu dire que Tridd voulait se montrer amical mais en fait, il voulait simplement calmer un peu l'ambiance pour ne pas être tenté de lui foncer dans le lard.

      « Vous êtes un mercenaire n'est-ce pas ? Votre travail, c'est d'escorter ce navire et le protéger des dangers de la mer ? Enfin en théorie. Les eaux sont plutôt calmes normalement lorsqu'on s'approche pas de Raakghar. L'Ultime Alliance fait un bon boulot pour assurer votre sécurité. Pour mon plus grand malheur … »


    Tridd dessinait à présent des cercles dans le sol avec son épée, machinalement. Pendant quelques secondes, il se déconcentra et relâcha son attention mais il se reprit bien vite et surveilla de nouveau l'homme. Il ne fallait pas perdre de vue qu'il était dangereux. Sa curiosité le poussa à poser de nouvelles questions.

      « Qu'escortez-vous ? Une personnalité importante ? Un objet de grande valeur ? Vous pouvez le dire, de toute façon, j'ai donné ma parole que je vous laissais jusqu'à la tombée de la nuit, je m'y tiendrai. Et si vous dépassez ce délai, j'attaquerai quoique vous me disiez. »
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Barry Toothpick

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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Dim 6 Mai - 21:45

A genoux derrière votre petite cachette aux étranges odeurs iodées, vous continuez d'observer la situation. Vous sentez les égos presque démesurés des deux protagonistes négociant pour votre avenir et votre survie. D'un côté, il y a le mercenaire sensé plaidé la cause de la "Lame de fond ", de son équipage et de ses passagers. Sous son chapeau, vous pouvez apercevoir son regard froid et provocateur, reflet sa grande confiance en ses capacités ou peut être de son arrogance. En effet, penser pouvoir rivaliser avec une troupe d'Orcs armés et surentraînés tenait de la mégalomanie, ou de la folie pure et simple. Certes, il avait été élevé par des peau-vertes et avait sûrement hérité de leur goût légendaire du combat, mais tout de même. De l'autre côté, ce n'était guère mieux. Même si les deux lieutenants du géant de jade semblent très bon, vous pensez qu'ils ne pourraient sans doute pas survivre dans une situation proche du dix contre un. Si cela aurait été le cas, si les Orcs étaient à ce point supérieur aux autres espèce de la Plaine, alors, avec leur caractère, il y a bien longtemps qu'il auraient dus conquérir Céleste et décimé la très grande majorité de ses autres habitants. Bon, vous avez entendu les légendes relatant la stupidité sans borne des peaux-vertes et du handicape que ça peut causé pour la conquête du monde, seulement le gaillard en face du Cure-Dents a l'air plus intelligent que plusieurs humains de votre connaissance.

Enfin, l'avantage quand de tels égos se rencontrent, c'est qu'ils ne se préoccupent plus vraiment de ce qu'il y a autour. Ainsi, vous vous sentez un peu plus rassuré. Tant que vous ne faites pas de bruit, vous savez qu'aucun des deux ne pensera à regarder dans votre direction, trop occupés à se jauger mutuellement ou a se retenir de ne pas se jeter l'un sur l'autre pour s'étriper avec le sourire. Tiens, en parlant de cette expression faciale, vous n'auriez jamais cru qu'elle puisse être aussi malsaine sur le visage d'un humain, même à moitié défiguré. C'est comme si le mercenaire arrivait à ressentir toute la rage que son interlocuteur et n'attendait que le premier geste, la première esquisse d'attaque pour lui sauter à la gorge et la lui arracher. En attendant, il fait naviguer sa feuille enroulée, déjà bien consumée, d'un coin à l'autre de sa bouche et se tourne en direction de la crique où le bateau est amarré. Il se permet même de presque tourner le dos à son interlocuteur avec une nonchalance presque irresponsable. néanmoins, vous apercevez qu'il continu de surveiller les mouvements du géant d'émeraude du coin de l'œil. Une fois que l'Orc termine de venter la puissance de ses lieutenants, le Cure-Dents se contente de répondre en crachant une nouvelle fois au sol et sans pour autant lâcher son sourire :


"Si tu le dis."

Un homme de peu de mots ce mercenaire parfois. Entre les branchages du petit arbuste, vous le voyez s'éloigner d'un pas avant d'avoir la frayeur de votre vie. Vous apercevez le colosse de jade commencer à regarder partout autour de lui. Vous vous dites alors qu'il a sentit votre présence et vous vous figez, bêtement, sans respirer, espérant de toute vos force que son regard ne s'arrête pas dans votre direction. Après quelques instants, vous avez presque envie de souffler de soulagement en voyant l'Orc simplement s'asseoir sur une grosse pierre, mais vous vous retenez. il ne faudrait pas que vous vous fassiez remarquer aussi bêtement. A la place, vous écoutez attentivement les paroles du guerrier géant. Vous êtes évidemment impressionné par son esprit de déduction en découvrant le métier de son interlocuteur. Ce dernier, restant simplement immobile et montrant son dos à la peau-verte se contenta de confirmer l'hypothèse de celui-ci d'un simple hochement de la tête. Quelques secondes plus tard, vous entendez de nouveau la voix rauque du Cure-Dents :

"Pour tout ce qui est de mettre des bâton dans les roues de ce qui ne suivent pas ses lois, l'Ultime Alliance a toujours été très bonne."

Ce sont des paroles pleines de sous-entendu que vous arrivez a déceler. Apparemment, le mercenaire n'est pas en bonne grâce avec le gouvernement de Louise Abraham. En même temps, son corps de métier est rarement bien vu par l'Alliance, ou par n'importe qu'elle personne avec des principes. Enfin, ce n'est pas le visage redevenu impassible du Cure-Dents qui vous permettront d'en savoir plus. De son côté, l'Orc recommence à l'interroger. Par chance, il semble vouloir en savoir autant que vous sur le mercenaire et, aussi bizarre que cela puisse paraître, vous sentez que ce dernier parlera plus facilement à une peau-verte qu'à un de ses congénères, ou membre d'autres peuples. Ainsi, le mercenaire finit par répondre :

"J'ai l'impression que tu idéalises un peu trop le mercenariat. Je ne dois pas escorter quoi ou qui que ce soit. On m'a payé pour abattre un des passagers de ce rafiot durant la traversée."

Sur de telles paroles, votre mâchoire manque de se décrocher. Le Cure-Dents est sur la Lame de Fond pour tuer quelqu'un ? Mais c'est impossible, vous l'avez vu charrier une caisse à bord du navire avec le Lycanthrope. A moins bien sûr qu'il ne s'agisse que d'une diversion pour abaisser la méfiance de sa victime. Mais qui était-elle ? Vous ? Non, vous êtes bien trop sage pour forcer quelqu'un à vous éliminer. Mais alors, qui est la futur victime, le mercenaire ne peut donc pas en dire plus ? Non, le voilà qui se remet à sourire et, décidément, vous n'aimez pas voir une telle expression sur son visage. Vous le voyez ensuite prendre une grande bouffé de sa cigarette, la prendre entre les doigts et la jeter par terre en se retournant vers son interlocuteur. Du bout de sa botte, il écrase le mégot et déclare avec un ton vous faisant encore plus froid dans le dos :


"Tiens, ça me donne une idée. Tes gars et toi semblez en manque d'action. Si disons, contre un délai supplémentaire, je vous offrez deux duels en un contre un. D'abord toi ou l'un de tes Orcs se battant contre ma cible. T'en fais pas, il s'agit du seul autre type, à part moi, qui pourra t'amuser sur ce navire. Puis, une fois le hors-d'œuvre avaler, que penserais-tu d'un autre duel : toi ou l'un de tes gars...contre moi."

Sérieusement ? Pour quelques heures, le mercenaire est prêt à risquer sa vie et offrir sa cible aux Orcs. Vous auriez bien pu trouver ça héroïque, si le sourire sur la face déformée du Cure-Dents ne vous disait pas qu'il veut se battre juste pour le plaisir d'affronter un Orc et satisfaire son égo. Enfin, au moins, ça veut dire que la victime du mercenaire est le Lycanthrope et deux duels calmeraient peut être les ardeurs des peaux-vertes, s'ils acceptent le défi...
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MessageSujet: Re: Face à face dans les îles Sauvages   Dim 13 Mai - 20:16

    Tridd n'aurait jamais pensé avoir affaire avec un tel homme sur son île. Il pensait qu'il y serait toujours en tranquillité, qu'il pourrait toujours trouver là un havre de paix dans lequel il n'aurait rien d'autre à gérer que ses hommes. Il croyait qu'une fois dans son archipel, il laissait la guerre de côté, il laissait le sang et les massacres loin de sa tête, loin de ses terres. Jamais il n'avait envisagé qu'il serait un jour envahi et pour l'instant, c'était en bonne voie, jamais personne ne s'était approcher trop près de son île. Il en était fier d'ailleurs. Il inspirait assez de crainte pour que personne ne vienne le déranger. Mais qui serait assez fou pour tenter un débarquement en masse sur une île où ils étaient les maîtres de toute façon ? Il faudrait vraiment avoir un avantage numérique très important, ou alors, pouvoir venir par la voie des airs, mais une attaque des anges étaient totalement hors de propos, le clan Soreghid s'évertuait à les laisse tranquille et n'attaquait presque que des humains. Pour eux, c'était la race la plus faible et la plus encline à être entièrement détruite. Seul leur grand nombre les sauvait d'une fin certaine. Ils ne faisaient pas le poids. À part cette Louise Abraham qui avait eu la volonté et la force de réunir tout le monde, la race humaine n'était rien.

    En tout cas, ce navire qui avait accosté non loin des côtes de Désolation, et l'affrontement, le face à face qu'il amenait avec lui, Tridd n'aimait pas du tout ça. Il ne tenait pas à ce son île devienne un lieu de passage, il ne tenait pas à ce que d'autres la prennent pour un arrêt provisoire s'ils en avaient envie. Ce navire devait être une exception uniquement, et ne pas généraliser une situation. Tridd tenait à ce petit bout de terre, il le défendrait s'il le faut, mais là n'était pas la question aujourd'hui. C'était juste un coup de hasard, un coup de malchance. Ils n'étaient pas venu ici de leur plein gré, ils avaient subi une avarie. Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, pas lieu de vouloir prendre les armes pour l'instant. Mais ce choix serait inévitable un jour ou l'autre. Les orcs du clan Soreghid n'aurait pas une immunité permanente grâce à leur situation. Un jour, leur chance tournerait. Mais ce jour n'était pas encore arrivé.

    Pour l'instant, il n'y avait qu'un homme, qui voulait s'amuser un peu, en risquant sa vie. Grand bien lui en fasse, Tridd ne voulait pas le contrarier ni lui dire non. Après tout, ça lui ferait un petit échauffement avant de bouter ces autres humains hors de son île. Mais avant cela, l'inconnu lui avait révélé plusieurs autres choses d'intéressant. Apparemment, l'Ultime Alliance n'était pas un problème que pour les orcs. Certaines autres personnes ne la portait pas dans leur cœur. C'était une bonne chose à savoir pour quelqu'un qui s'y opposait farouchement comme Tridd. Un jour, ça lui serait utile d'avoir de telles personnes à ses côtés. Lorsqu'il tenterait enfin quelque chose contre cette alliance qui lui rendait la vie difficile, ce genre de personne pourrait changer le cours des choses. Mais pour l'instant, il ne pouvait rien. Les orcs étaient trop éparpillés, il n'y avait aucune unité entre eux, aucune communication, aucune organisation, rien du tout. Changer les choses était impossible. Pour l'instant.

    La deuxième chose qui lui avait révélé, c'est que ce n'était pas un mercenaire comme les autres. D'après sa mission, c'était plutôt un assassin. On l'avait engagé pour tuer un membre de l'équipage pendant la traversée. Cette avarie était peut-être l'occasion pour lui de passer à l'action. En tout cas, cela rajoutait de la dangerosité au personnage. Il n'était pas un mercenaire ordinaire. Il était entraîné à tuer. Il serait peut-être plus difficile que ça de le tuer. Tridd l'avait peut-être sous estimer finalement. C'était une erreur qu'il se reprocherait si jamais il y avait des pertes du côté de son clan, mais avant cela, il ne regrettait pas son estimation et s'en tiendrait.

    Sa cible n'était autre que l'autre personne assez forte dont il avait parlé tout à l'heure. C'était donc pour cela qu'il n'était pas passé à l'action immédiatement. Il avait besoin de préparation, d'une opportunité. Et cet accostage en catastrophe tombait à pic apparemment. Finalement, l'étranger qui était mercenaire lui fit une proposition bien étrange. Deux duels en un contre un. Lui et sa cible contre Tridd et un autre orc. C'était astucieux de sa part, Tridd le reconnut. C'était même très intelligent, si ce qu'il proposait n'était pas du au hasard et était réfléchi. Ainsi, les orcs se débarrassaient de sa cible et l'aidaient dans sa mission et lui gagnerait un duel qui l'amuserait sûrement. C'était également tentant pour Tridd, qui pourrait alors négocier. L'étranger demandait en plus un délai supplémentaire pour son équipage pour qu'il puisse réparer au mieux le navire. Tridd entendrait bien profiter de l'avantage qu'il aurait dans les négociations. Il était sur ses terres après tout.


      « C'est une proposition intéressante que tu me fais là. Cependant, il faut que j'impose mes conditions. Si j'ai bien compris, la mort de ta cible sera donc orchestré par ces petits duels. C'est une manière intéressante de faire passer ça pour un accident malencontreux face à un orc. C'est très ingénieux de ta part. Pour que j'accepte, voilà ce que je veux. Ton combat doit avoir lieu en premier. Cela se fera contre l'un de mes orcs. Quelque soit l'issue, vous devez vous arrêter avant de vous tuer l'un l'autre. Je ne veux pas perdre d'homme. Et puis, cela mettra en confiance ta cible, que je combattrai. Il sera alors d'autant plus facile de la tuer, par ma main, ou la tienne une fois que je l'aurai affaibli. Si jamais tout se passait comme cela, je vous accorderai le délai supplémentaire. Si cela se passe mal, c'est vous deux qui mourrez. Si on est d'accord là dessus, va, retourne à ton navire et trouve-le. Convaincs le de se battre en duel. Je m'occupe du reste. »


    Après avoir dit ces mots, Tridd se leva. En confiance, peut-être trop, il s'approcha de l'étranger et tendit la main, comme pour conclure cet accord. De toute façon, l'un comme l'autre n'avait aucun intérêt à ne pas tenir l'engagement. Si lui ne le respectait, il mourrait et si Tridd ne le respectait pas, ça ne changeait rien pour lui. Autant ne pas prendre de risques.
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